L’opinion publique sénégalaise a obtenu gain de cause
Sénégal: Annulation de l’accord avec la Suisse sur le rapatriement des réfugiés
Dakar, 4 mars 2003 (APIC) Le gouvernement sénégalais explique à travers un communiqué son retrait de l’accord de transit signé avec la Suisse. La cause en est la désapprobation qu’il a suscitée dans l’opinion publique. Les opposants au gouvernement, la presse et plusieurs ONG n’ont eu de cesse de dénoncer la menace que l’accord faisait peser sur les personnes refoulées.
Selon le communiqué, à travers cet accord la volonté du gouvernement sénégalais était de contribuer à «l’humanisation des procédures de rapatriement et de préserver la dignité, ainsi que le respect des droits fondamentaux des personnes faisant l’objet d’une mesure d’expulsion».
De nombreuses Organisations Non Gouvernementales de défense des droits de l’homme au Sénégal et en Suisse, ainsi que les adversaires politiques du gouvernement de Dakar et la presse du pays s’étaient mobilisés contre sa ratification. Dans leurs arguments, ils ont dénoncé les «zones d’ombres» qui l’entourent, de même que la menace qu’il constituerait pour la sécurité des personnes refoulées, au cas où celles-ci auraient des problèmes politiques dans leur pays d’origine. Ils ont également rejeté les explications du gouvernement sénégalais, les qualifiant de «fallacieuses», et de «mort du droit d’asile».
Forte opposition de la presse
Le retrait du gouvernement n’a pas tellement surpris au Sénégal. Un quotidien local, «Le Populaire», l’avait déjà annoncé le 20 février. Le gouvernement sénégalais a rendu publique cette décision le jour même où un autre journal, le «Sud Quotidien», assurait que l’accord a été initié par des lobbies privés suisses et sénégalais pour leurs intérêts propres. Le ministère des Affaires Etrangères a démenti cette information.
En outre, l’annonce cette décision a été prise alors qu’un avion charter, affrété par la France et l’Allemagne, conduisait 54 migrants illégaux à Abidjan et Dakar. Ils étaient reconduits dans leurs pays par une escorte de 98 policiers français et allemands.
Les opposants à l’accord estiment que le retrait du Sénégal permet de sauvegarder les relations de bon voisinage avec les autres pays de l’Ouest africain, dont les ressortissants auraient été concernés par l’accord. (apic/ibc/sh)



