Aidez-moi à trouver une solution à la crise
Sénégal: Appel du président Wade aux chefs religieux de Casamance
Dakar, 27 août 2002 (APIC) Le président sénégalais Abdoulaye Wade a lancé un nouvel appel aux chefs religieux de la Casamance pour l’aider à trouver une solution à la crise. Cette province méridionale du Sénégal est secouée depuis décembre 1983 par la violence armée liée à une revendication indépendantiste.
Lors d’une réunion durant le week-end avec des paysans de Ziguinchor, chef lieu de la région, Wade a martelé : «aidez-moi, vous, les chefs religieux, autorités et jeunes de la Casamance dans le maquis, à établir la paix et à épargner les vies humaines». Pour le président sénégalais, «voir chaque jour des morts ne mène nulle part». Aux rebelles et à leurs dirigeant qui ne «voudront pas discuter» de paix et qui «préféreront utiliser les armes», le chef de l’Etat sénégalais a déclaré que c’était là une voie sans issue. «La culture sénégalaise n’aime pas la violence, elle aime le dialogue, la discussion, la concertation», a-t-il rappelé.
Pas de place pour un Etat indépendant dans le Sénégal, dialogue avec l’abbé Senghor
S’agissant des revendications indépendantistes, il a déclaré avec fermeté qu’il n’y a pas de place pour un Etat indépendant dans le Sénégal. Il a cependant exprimé sa disponibilité à discuter avec le Mouvement des Forces démocratiques de Casamance (MFDC) de tous les autres aspects de la crise, tel que le problème des terres de culture. La confiscation de ces terres par des «étrangers du Nord» fait partie des causes de la rébellion casamançaise.
Le président Wade s’est entretenu à huis clos, pendant une heure avec les dirigeants rivaux du MFDC. Il s’agit de l’abbé Diamacoune Senghor, fondateur du mouvement, et de son ancien bras droit, Sidy Badji, qui se disputent la direction du mouvement. La semaine dernière, ils ont signé une déclaration commune appelant à une reprise des négociations avec le gouvernement, en terrain neutre. Le président Wade à l’issue de l’audience accordée à l’abbé Senghor et Sidy Badji, a déclaré à la presse avoir accepté cette reprise des discussions. Il a chargé son ministre de l’Intérieur, le général Mamadou Niang, de les tenir avec les différentes parties en Guinée-Bissau. Pays limitrophe de la Casamance au sud, la Guinée- Bissau a tout de temps été impliquée dans le conflit casamançais. Dans le passé, elle a parrainé deux accords de cessez-le-feu qui n’ont cependant pas permis l’arrêt des hostilités en Casamance. (apic/ibc/be)



