L’Eglise catholique appelle à la concertation avec les musulmans
Sénégal: Climat politique tendu dans le pays
Dakar, 7 novembre 2005 (Apic) L’Eglise catholique du Sénégal et des chefs religieux musulmans du pays ont entamé une concertation pour faire baisser la tension politique, annonce Mgr Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar.
Le climat politique au Sénégal s’est alourdi, depuis juillet où le gouvernement fait face à plusieurs fronts à la fois. Outre le bras de fer avec ses adversaires politiques il est en conflit avec la presse. Un conflit qui a éclaté le 18 octobre dernier, à la suite de la suspension, pendant plusieurs heures, des émissions d’une radio privée, «Sud Fm». Une vingtaine de journalistes, de techniciens et d’employés du groupe Sud communication auquel appartient la station, avaient été interpellés.
«Atteinte à la sûreté de l’Etat»
Le régime sénégalais accuse la radio «d’atteinte à la sûreté de l’Etat» après une interview de Salif Sadio, chef de la branche armée du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (Mfdc). Il est considéré comme l’une des têtes du mouvement sécessionniste de la Casamance, opposé à un retour de la paix de la région. La Casamance est située entre deux pays : la République de Gambie (anglophone) au nord, et la Guinée-bissau (lusophone) au sud. La guerre en Casamance a commencé en décembre 1983. Mais, depuis quatre ans, la région a retrouvé son calme.
Pour les journalistes, hommes politiques et membres de la société civile, la réaction du gouvernement contre le groupe «Sud Communication» constitue une violation de la liberté d’expression. A cette situation, s’ajoute le problème de l’incarcération, depuis juillet, d’un ancien premier ministre du président Abdoulaye Wade. Idrissa Seck. Ce dernier est accusé, entre autres, «d’atteinte à la sécurité de l’Etat et à la défense nationale», de «détournement de deniers publics». Ses partisans, soutenus par l’opposition politique, réclament sa libération, et rejettent les accusations portées contre lui.
Contentieux au sujet du processus électoral
Un autre contentieux oppose le pouvoir aux formations politiques de l’opposition. Il s’agit du processus électoral. Des élections législatives sont prévues pour mai 2006 et une présidentielle en février 2007. Le gouvernement veut regrouper ces deux scrutins en un seul, au début 2007. L’opposition refuse ce projet, soupçonnant le pouvoir de chercher à manipuler les chiffres.
Face à ces tensions, l’Eglise catholique est inquiète. Sur l’initiative de Mgr Théodore Adrien Sarr, elle a pris contact avec des familles de marabouts pour décrisper la situation. Ensemble, dignitaires chrétiens et musulmans prendront leur «bâton de pèlerin en vue de médiations visant à ce que la sérénité et le climat de paix reviennent au Sénégal» (apic/ibc/vb)



