Un passeport africain unique

Sénégal: Colloque international sur le racisme, la xénophobie et la discrimination

Dakar, 17 février 2003 (APIC) Un colloque de l’Unesco sur «L’Afrique face aux fléaux du racisme, de la discrimination, de la xénophobie» préconise l’instauration d’un passeport unique africain et la création, au sein de l’Union Africaine, d’un Bureau des africains de la diaspora. Une vingtaine d’experts de plusieurs pays africains composés d’universitaires et de représentants d’organisations du système des Nations unies ont participé à cette rencontre, qui s’est tenue du 13 au 15 février à Dakar.

Au terme de leurs travaux, les participants ont lancé un appel aux organisations internationales, à la société civile africaine et aux gouvernements du continent pour développer la recherche sur les formes de racisme, de xénophobie et des pratiques discriminatoires du passé, ainsi que sur les réponses africaines à ces maux. L’Afrique, ont-ils souligné, a aussi ses solutions propres pouvant aider à résoudre ces problèmes. Ils ont demandé un renforcement des structures de recherches en place dans les universités et leur mise en réseau. Ils ont également suggéré l’amélioration des cadres juridiques nationaux de protection des victimes d’actes de racisme de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance.

Interrogée, à l’issue des travaux, par le correspondant de l’APIC, l’ivoirienne Tanella Boni, professeur de philosophie à l’université de Cocody (Abidjan), a estimé que pour lutter contre le racisme, la xénophobie et toute forme de discrimination, il faut d’abord en montrer les causes. Le colloque a relevé que ces causes ont souvent pour origines, des questions politiques et économiques qui sont «répandues en Afrique et dans le monde». «Nous nous sommes attardés sur des cas spécifiques de la Côte-d’Ivoire, de l’Afrique du Sud, entre autres pour montrer que ces causes peuvent être parfois très profondes», a-t-elle ajouté.

Pour sa part, Philippe Ntahombaye, enseignant à l’université du Burundi, s’est félicité des conclusions de la rencontre. «Si elles sont appliquées, elles permettront de mener des actions de lutte contre les idéologies de racisme, d’intolérance, de xénophobie qui minent, non seulement l’Afrique, mais aussi le reste du monde», a-t-il déclaré à l’APIC.

Un fléau universel

Le russe Serguei Lazarev, directeur par intérim de la division des droits de l’homme à l’Unesco, a souligné à l’APIC, qu’aucun pays au monde n’est «exempt de manifestation de racisme et de xénophobie». Pour lutter contre ces genres de maux et les exclure complètement de l’esprit humain, il faut commencer par le niveau le plus bas, c’est à dire en inculquant aux enfants dès l’école, les notions de tolérance et de paix, a-t-il ajouté.

Pour l’avocat sénégalais, El Hadj Guissé, expert de l’ONU sur les droits de l’homme, les africains ne sont pas racistes et ils acceptent les autres. «Mais, a-t-il dit à l’APIC, quand nous allons ailleurs, ou que les autres viennent s’installer chez nous en vase clos, ils sont très racistes et ont des pratiques discriminatoires extrêmement graves qui nous amènent parfois à nous interroger s’ils ne violent pas nos propres lois contre le racisme et la xénophobie».

Le colloque de Dakar s’intègre dans le suivi de la conférence mondiale de fin août à début septembre 2001 à Durban (Afrique du Sud) sur le racisme, la xénophobie, la discrimination et l’intolérance. Il avait pour buts de faire le point sur les stratégies nationales et les actions entreprises depuis lors dans les pays africains, l’identification des priorités à retenir dans le développement de la nouvelle stratégie de l’Unesco dans ce domaine.

Un colloque sur le même thème à déjà eu lieu à Bangkok. Il sera suivi d’un troisième du genre à Moscou, à une date non encore fixée. A l’issue de toutes ces conférences, l’Unesco élaborera un plan d’action général visant à combattre les pratiques du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance dans le monde. (apic/ibc/sh)

17 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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