Sénégal: Conférence internationale sur le thème «sida et religion»

Lutter ensemble contre le sida

Dakar, 3 novembre 1997 (APIC) 250 responsables religieux, médecins, chercheurs, bailleurs de fonds et malades du sida ont participé du 31 octobre au 2 novembre à Dakar à un colloque international sur le thème «sida et religion».

Les leaders religieux de plusieurs confessions: musulmans, chrétiens et bouddhistes, entre autres, ont souligné la nécessité de créer un fonds d’aide et de solidarité entre les différentes communautés religieuses et préconisé une action commune des hommes politiques et des religieux pour la prévention et la prise en charge des malades. Ils ont décidé de mettre sur pied un cadre de concertation inter-religions pour cordonner leurs actions de lutte contre le sida, tant au niveau national que régional.

Tout en insistant sur la préservation du secret médical, les participants ont renouvelé leur engagement à lutter ensemble contre le sida, qu’il faut considérer comme une maladie et non pas comme une «sanction divine». Le colloque s’est axé sur l’accompagnement des malades du sida, l’engagement des religieux dans la lutte contre la pandémie, les problèmes éthiques et juridiques liés au virus HIV.

Les participants, venus des 4 coins du monde, ont déploré en particulier l’inégalité entre pays du Sud et pays du Nord en matière d’accessibilité aux nouvelles thérapies.

A travers les discussions et les échanges d’expériences, le colloque a permis de constater dans un grand nombre de pays africains une mobilisation générale autour du fléau, par des conférences, des réunions et à travers le cinéma et la radio rurale. En Côte-d’Ivoire, les responsables de l’Eglise ont mis en place un plan de lutte par l’information audio dont le but est d’informer sur la maladie et de coordonner l’action face aux ravages du sida. Au Sénégal, au Ghana et en Tanzanie, la lutte contre le sida est multiconfessionnelle, avec des stratégies de lutte consensuelle intégrant toutes les religions.

Dans les pays du Maghreb, en revanche, les programmes de lutte sont surtout axés sur le respect des coutumes, les sujets liés aux relations sexuelles étant toujours tabous, à cause notamment de la soumission à laquelle la femme doit obéir, a déclaré un participant. (apic/ibc/mp)

26 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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