Homme d’ouverture et de prière
Sénégal: Décès d’un marabout pionnier du dialogue entre islam et christianisme
Dakar, 15 avril 2008 (Apic) Le marabout sénégalais El hadj Habibou Mountaga Tall est décédé le 14 avril à l’âge de 90 ans. Il était surtout connu comme promoteur du dialogue entre islam et christianisme.
Khalif de la famille omarienne, une branche de la confrérie des tidjane introduite au Sénégal par son grand-père, le marabout peuhl, et conquérant, El hadji Omar Tall (1797-1864), El Hadj Habibou Mountaga Tall était l’une des grandes figures islamiques du Sénégal qui entretenait des relations quotidiennes avec l’Eglise catholique. C’est grâce à lui que le pays a surmonté en 1986, l’une de ses plus graves crises confessionnelles, née de la construction d’une chapelle à Tivaoune où réside le khalif général des tidjane, la plus grande confrérie musulmane locale.
Personnalité charismatique
Il s’était entre autre illustré par des dons au défunt pape Jean Paul II lors de sa visite au Sénégal en février 1992. A cette occasion, il avait au saint-père un bélier et un grand boubou, qu’il avait spécialement confectionné pour lui. Des signes qui, en Afrique ont valeur de symbole. «Il n’y a pas de différence entre une mosquée et une église : elles sont toutes deux des lieux de prières. Quand chacune d’elle ouvre ses portes, c’est pour accueillir des fidèles, puis après la prière, elles referment leurs portes. Personne n’y passe la nuit. Ce sont des maisons de Dieu», déclarait-il dans une interview à l’APIC en février 2006 pour étayer le sens de son combat pour le dialogue islamo-chrétien.
En août dernier, recevant l’archevêque de Dakar, le cardinal Théodore Adrien Sarr, qui conduisait une délégation de l’Eglise venue lui apporter son soutien dans un conflit de succession à la tête de la famille omarienne à la suite du décès en janvier 2007 de l’ancien khalif, El hadj Habibou Mountaga Tall, avait surpris son monde. Il a prédit que Mgr Sarr, à l’époque, serait promu Cardinal avant la fin de l’année de l’année (2007). «Son coeur était tellement pur que tout ce qu’il souhaitait était exaucé par Dieu», a déclaré à la télévision sénégalaise, l’abbé Jacques Seck, aumônier des malades, avec lequel il partageait tout. (apic/ibc/js)




