Sénégal: Délégation «symbolique» de l’Eglise aux Journées Mondiales de la Jeunesse 2005
L’Eglise veut éviter l’émigration clandestine
Dakar, 30 novembre 2004 (Apic) L’Eglise sénégalaise, dans le but d’éviter l’émigration clandestine de ses jeunes, va envoyer une «délégation symbolique» aux prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ). L’Eglise veut ainsi éviter l’émigration clandestine.
L’Eglise catholique se faisait représenter jusqu’ici à cette grande manifestation, qui se tiendra cette fois-ci en août prochain à Cologne, par une forte délégation de 150 à 200 membres. Certains d’entre eux profitaient du voyage pour rester en Europe.
Cette attitude «n’est pas conforme aux engagements que nous prenons et que eux-mêmes prennent», a déclaré Mgr Jacques Sarr, évêque de Thiès (nord de Dakar), et membre du Comité interdiocésain pour le Pèlerinage aux Lieux saints de la chrétienté. C’est pour éviter ces abus que l’Eglise a décidé de réduire au minimum sa participation aux prochaines JMJ.
L’Eglise n’anime pas une filière d’émigration
Selon le prélat, à plusieurs reprises, des personnes ont profité de la manifestation des JMJ «pour disparaître en Europe». Cette année, la presse sénégalaise a fait état de nombreux cas de défections de jeunes catholiques en voyage religieux en Europe. «Nous n’animons pas une filière d’émigration clandestine», a souligné Mgr Sarr, en réponse aux nombreuses critiques liées à ces cas de défection.
L’évêque de Thiès s’adressait à la presse, à l’issue de la Conférence épiscopale du Sénégal, de la Mauritanie, du Cap-Vert et de la Guinée Bissau, tenue à Mbour (80 km au sud de Dakar) du 22 au 28 novembre 2004. «Nous nous sommes dits qu’il fallait marquer un arrêt et réfléchir», car, dès qu’une délégation dépasse 15 à 20 personnes, elle n’est plus contrôlable», a-t-il déclaré. Et d’ajouter: «Quand les religieux prennent des catholiques pour les amener aux JMJ, c’est pour les ramener chez eux après les manifestations».
Jeunes catholiques fâchés
Les jeunes catholiques ont dénoncé cette nouvelle règle imposée par les prélats. Ils les accusent de vouloir profiter seuls de ces journées. «Si les JMJ sont pour le clergé, alors autant organiser des Journées Mondiales des Religieux», a déclaré au quotidien dakarois, «Taxi le Journal», Jean Louis Dacosta, responsable à la coordination des jeunes catholiques de Saint-Pierre des Baobabs à Dakar.
Pour Jannot Coly, un autre responsable de jeunes catholiques, la décision des prêtres «n’est pas juste». A son avis, ils devraient consulter leur base avant de prendre des décisions clés qui pourraient frustrer les jeunes. «Si les jeunes désertent lors des JMJ, c’est
parce que l’Etat (du Sénégal) et l’Eglise ne leurs offrent pas grand-chose pour préparer leur avenir», a-t-il déclaré dans le même journal. Charles Mané, responsables de jeunes aux Martyrs de l’Ouganda (banlieue nord de Dakar) estime quant à lui que l’absence des jeunes du Sénégal aux JMJ «serait vraiment une erreur».
D’autres jeunes catholiques ont proposé au clergé de leur laisser le soin de trouver entre eux des solutions internes. Ils voudraient qu’il leur laisse la liberté de choisir parmi eux leurs délégués aux Journées. (apic/ibc/be)



