Les protestations contre Wade se multiplient
Sénégal: Démission d’un autre leader de l’opposition
Dakar, 27 juin 2006 (Apic) Le leader du parti de gauche à l’opposition, la Ligue démocratique – Mouvement pour le parti du travail (Ld/Mpt), Abdoulaye Bathily, a annoncé mardi sa démission de l’Assemblée nationale après le 30 juin, date à laquelle le mandat des 120 députés aurait dû normalement expirer avant qu’une loi adoptée en décembre dernier ne le prolonge de huit mois, indique l’Agence Misna.
Il y a quelques jours deux autres collègues sénégalais avaient pris la même décision que Bathily: Moustapha Niasse, ex-Premier ministre et secrétaire général de l’Alliance des forces de progrès (Afp) et Madior Diouf du Rassemblement national démocratique (Rnd).
C’est la première fois qu’une telle mesure (la prorogation du mandat de l’Assemblée) est prise dans notre pays depuis son indépendance. Le président Wade change unilatéralement les règles du jeu», a dénoncé le député démissionnaire aux micros de Radio France Internationale (Rfi), en précisant que certains des députés de son mouvement resteront en charge car «beaucoup de décisions doivent encore être prises par l’Assemblée, notamment en matière électorale», d’ici les élections prévues pour février 2007.
«En tant que leader, je me devais de donner un signal de dissension: c’est ce que je fais en annonçant ma démission», a insisté le secrétaire général de la Ld/Mpt. Le président Abdoulaye Wade avait annoncé en septembre dernier son intention de coupler les deux consultations – présidentielle et législatives – pour faire des économies budgétaires estimées à 7 milliards de francs Cfa (environ 10 millions d’euros).
Résistance
La proposition de Wade avait rencontré de fortes résistances au sein de l’opposition: selon l’ex-premier ministre Niasse, la diminution des dépenses ne serait qu’un faux prétexte du chef d’état pour allonger les délais électoraux et reprendre entre temps le contrôle de l’Assemblée nationale tout en essayant de diviser l’opposition.
Entre temps, la procédure d’inscription des Sénégalais sur les listes électorales se poursuit; le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Ousmane Ngom, a assuré d’autre part que l’élaboration d’un nouveau code électoral est en chantier et qu’un projet de loi sera ensuite soumis à l’examen de l’Assemblée, qui vient d’approuver une loi sur le vote des militaires et paramilitaires. Les soldats étaient privés de ce droit depuis la crise de 1962-1963, ayant opposé le président de la République Léopold-Sédar Senghor et l’ancien Président du Conseil Mamadou Dia. (apic/misna/pr)



