Situation désespérée!
Sénégal: Des chrétiens se mobilisent pour aider les réfugiés libériens
Dakar, 13 novembre 2003 (Apic) Ils sont arrivés par avion, par bateau, en voiture ou à pied, ayant réussi à échapper à leurs poursuivants armés et à sauver leur vie. De nombreux Libériens réfugiés au Sénégal voudraient retourner dans leurs foyers, mais l’insécurité qui règne dans leur pays les en empêche et ils n’ont pas d’autre choix que de rester, rapporte l’agence oecuménique ENI.
Certains réfugiés sont depuis 10 ans livrés à eux-mêmes. Confrontés à l’apprentissage d’une nouvelle langue, le français, ils ont beaucoup de difficultés à s’intégrer. Par ailleurs, le prix des logements est beaucoup plus élevé au Sénégal qu’au Libéria. Certains espèrent faire partie des quelques réfugiés choisis pour émigrer aux Etats-Unis ou au Canada. Mais nombreux sont ceux qui n’auront pas cette chance.
«La plupart d’entre eux sont dans une situation désespérée», commente George Warner, un missionnaire libérien de l’Eglise méthodiste unie, engagé auprès de ces réfugiés libériens, qui sont plus de plus de 250 000 en Afrique occidentale. «Les gens vivent portés par la foi, et essaient de se débrouiller eux-mêmes», témoigne-t-il.
Le Centre international des réfugiés de Dakar aide les nouveaux arrivants du Libéria, de la Sierra Leone et du Nigeria à survivre. Il a ouvert une école pour 120 élèves et offre aussi des cours de français et de cuisine pour adultes. Les employés du Centre sont pratiquement tous des réfugiés chrétiens.
Entre deux cours, Fatmate Sankok, âgée de 16 ans, a éclaté en sanglots en racontant au correspondant d’ENI comment les rebelles ont tué sa petite soeur de 8 mois et incendié la maison de ses parents en Sierra Leone en 1999. Elle n’a jamais revu son père depuis. Fatmate et sa famille se sont d’abord réfugiées dans un camp en Guinée qui a aussi été attaqué, avant d’arriver au Sénégal.
Les moyens sont dérisoires face à l’ampleur de la situation. Les ONG chrétiennes sont très présentes dans le pays. Plusieurs missions protestantes de Dakar distribuent des livres d’école. Deux écoles internationales de la capitale sénégalaise ont offert des fournitures et des livres. L’Eglise baptiste de Jefferson, dans l’Oregon, quant à elle, apporte un soutien financier pour les frais scolaires et le coût des repas de 80 des 120 élèves. Jeunesse en Mission, une organisation chrétienne interconfessionnelle internationale, dispense des soins de santé gratuits aux réfugiés.
Face à la situation au Liberia, de nombreux réfugiés hésitent à repartir, ne sachant où aller. Les forces gouvernementales comme les groupes de rebelles armés se rendent coupables de pillages et d’exactions. Les besoins humanitaires sont énormes et la situation n’est toujours pas sous contrôle.(eni/apic/vb) .
Kenya: Les évêques interviennent dans la grève des professeurs d’Université
Pour déplorer la fermeture de toutes les unis publiques
Nairobi, 13 novembre 2003 (Apic) Les évêques du Kenya sont intervenus dans la querelle qui oppose le gouvernement aux professeurs universitaires, pour inviter ces derniers à «être patients». Les professeurs ont décrété il y a trois jours une grève pour revendiquer des augmentations de leur salaire promises durant la campagne électorale.
Mgr John Njue, président de la Conférence épiscopale kenyane, a déploré la fermeture de toutes les universités publiques décidée par les professeurs quelques jours après la création d’une task force gouvernementale spécifique pour évaluer leurs conditions de travail.
Selon le «Catholic information service for Africa», de Nairobi (CISA), l’archevêque a tout de même reconnu, au cours d’une conférence de presse, la validité des revendications des doyens, en soulignant que leurs salaires, actuellement trop bas, doivent être réévalués.
L’initiative mise en oeuvre lundi dernier a provoqué la suspension des activités académiques pour plus de 60’000 étudiants, et cela jusqu’en février 2004, date à laquelle les doyens ont assuré qu’ils reprendraient leurs cours.
Mgr Njue a invité les quelques 3’000 professeurs à faire preuve de patience, après avoir attendu pendant 24 ans l’enregistrement de leur syndicat (Syndicat du personnel universitaire, UASU) de la part des autorités. «Nous demandons que la raison ait le dessus sur les émotions pour affronter une matière si délicate», a-t-il dit, avant de rappeler que la commission gouvernementale a déjà débuté ses travaux et devrait les achever sous peu. (apic/misna/pr)




