L’archevêque d’Abuja nouveau président: bilan de la session

Sénégal: Fin de la 13e Assemblée générale du Sceam à Dakar

Dakar, 12 octobre 2003 (Apic) L’archevêque d’Abuja, le Nigérian John Onaiyekan a été élu samedi 11 octobre 2003 à la tête du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam), à l’issue de la 13e assemblée générale triennale de cette organisation. Il succède à Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, qui a dirigé l’organisation ecclésiastique panafricaine pendant six ans.

Le nouveau président sera secondé par Mgr Francisco Silota, archevêque de Chimoio (Mozambique), premier vice-président, et par Mgr Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar, second vice-président.

Le Sceam et le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE), organiseront conjointement en novembre 2004, dans un lieu à définir, un congrès international entre évêques africains et évêques européens.

Les quelque 150 cardinaux, archevêques et évêques africains qui ont participé aux assises du Sceam, ouvertes le 1er octobre dernier à Dakar, ont également décidé d’une restructuration de l’organisation. Ils n’ont pas précisé la nature de cette restructuration. Ils ont cependant indiqué que c’est pour mieux coordonner leurs activités et promouvoir la mission de l’Eglise en Afrique, encourager et développer les contacts nécessaires entre Conférences épiscopales existant dans le continent et dans les îles adjacentes.

Le projet de «statuts et de règlement intérieur révisé» du Sceam prévoit de donner aux «pères et pasteurs de l’Eglise d’Afrique, confrontés à la nécessité d’une action commune plus efficace pour résoudre avec succès les graves problème pastoraux de l’Afrique, une vision nouvelle pour que leur marche missionnaire sur les routes du monde soit plus alerte».

Le document détermine en trois points, la nouvelle mission du Sceam: coordonner les éléments de la vie de l’Eglise en Afrique; promouvoir la collégialité et la solidarité.

Un nouveau Sceam

Dans une déclaration faite au correspondant de l’Apic à Dakar, le prêtre camerounais Joseph Fébé Atéba, chargé de communication du Sceam, a souligné que la restructuration de l’organisation permet d’avoir «un nouveau Sceam donnant à l’Afrique une voix audible».

La session de l’organisation a été marquée par une audience du président Abdoulaye Wade avec l’ensemble des participants. Lors de cette audience, le président Wade a mis en relief «la valeur de la culture et de la religion traditionnelle africaine». Celles-ci, a-t-il dit, «nous ont rendu capables de devenir chrétiens ou musulmans avec un esprit de tolérance». Il a aussi rendu hommage à l’Eglise pour son action sociale (éducation et santé) au Sénégal.

Selon le document final, pendant les 12 jours de travaux du Sceam, les participants ont entendu plusieurs messages de soutien de personnalités de l’Eglise, de représentants de divers dicastères, d’organismes du Saint Siège et de la curie romaine.

Dettes et inquiétudes

Dans son rapport à l’Assemblée générale, le président sortant du Sceam, Mgr Laurent Monsengwo, archevêque de Kinsangani (République Démocratique du Congo), a déploré les difficultés financières auxquelles est confrontée l’organisation. Les dettes des 37 Conférences nationales à l’égard du Sceam, s’élèvent à 1,2 million de dollars d’arriérés de non- paiement des cotisations. Dans ces conditions, «nous pouvons difficilement motiver nos bienfaiteurs et les organismes donateurs».

Au plan politique, il s’est montré inquiet du fait que «les grands décideurs de la géopolitique (du monde) ont pris le parti de remplacer, après la guerre froide, l’Afrique des colonels par l’Afrique des chefs de guerre». «Petit à petit en Afrique, on confie la gestion des pays à des personnes ayant commis des crimes de sang», s’est-il indigné. «Manifestement, a-t-il ajouté, cette situation pose un problème éthique et moral qui n’a pas l’air de préoccuper les géopoliticiens.»

Pour rappel.

L’assemblée plénière du Sceam, rappelle-t-on enfin, a effectué, le 5 octobre dernier, un pèlerinage à Gorée (île mémoire aux large de Dakar) au cours duquel les participants ont publié un message pour demander «pardon pour l’implication des Africains dans la traite des noirs», mais aussi pour dénonce les Africains qui continuent de vendre l’Afrique. Deux journées ont également été consacrées à une réflexion sur la contribution de l’Eglise à la lutte contre le sida et au soutien des victimes de cette pandémie.

Les évêques africains, réunis depuis le 1er octobre ont célébré les 25 ans de pontificat de Jean Paul II, samedi soir à la cathédrale de Dakar. La célébration finale, une messe solennelle et d’action de grâces, dimanche à Popenguine, à environ 70 km à l’est de Dakar), devait mettre fin à la rencontre. (apic/ibc/pr)

12 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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