Mandat d’arrêt international contre un chef de la rébellion
Sénégal: Grâce présidentielle pour les détenus de Casamance
Dakar, 11 mars 2001 (APIC) Le président sénégalais Abdoulaye Wade a demandé à son gouvernement de libérer sous condition les personnes détenues dans le cadre du conflit casamançais. Il a également exprimé son intention de lancer un mandat d’arrêt international contre Salif Sadio, un des dirigeants radicaux du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC).
Dans un communiqué officiel publié vendredi 9 mars 2001, rendant compte d’un conseil des ministres la veille, le chef de l’Etat a informé les membres de son gouvernement de sa décision d’accorder sa grâce à tous ceux qui sont «emprisonnés pour des faits relatifs ou connexes» aux événements de la Casamance, une province située au sud du Sénégal.
Justifiant sa décision de «mesure d’indulgence» envers les militants et sympathisants du MFDC encore détenus dans les prisons, le président Wade a indiqué qu’elle reposait sur plusieurs raisons. Il a notamment évoqué le vote massif, à plus de 94%, des Casamançais en faveur de la nouvelle constitution adoptée par référendum le 7 janvier dernier, ainsi que la volonté «sans équivoque» de l’abbé Diamacoune Senghor, fondateur du MFDC, de négocier avec le gouvernement.
Chef de l’aile dure de la rébellion, opposée à toutes négociations de paix avec le pouvoir centrale, Salif Sadio va faire l’objet d’une information judiciaire, annonce le président Wade. Le chef rebelle et ses complices sont accusés par le chef de l’Etat d’assassinats, de vols et violences. Il est soupçonné d’avoir ordonné les exactions et le meurtre de 20 personnes, le 18 février et le 2 mars dernier, qui voyageaient en Casamance. En plus, ont indiqué des sources officieuses, il a fait exécuter ces dernières semaines, plusieurs chefs de la guérilla qui s’opposaient à lui.
Peu de détenus casamançais
Interrogé par l’APIC, Alioune Tine, secrétaire général de la RADDHO (Rencontre Africaine des Défense des Droits de l’Homme), a affirmé qu’il n’y avait plus beaucoup de détenus casamançais dans le pays. Dans les prisons de Ziguinchor, capitale de la Casamance, et de Kolda, il n’y en avait plus lors de mon dernier passage, il y a quelques mois, a-t-il souligné. Selon lui, ils ont été libérés depuis plus d’un an, en prélude aux négociations de juin 1999 à Banjul en Gambie. «Peut-être qu’il y a eu de nouvelles arrestations», a-t-il précisé.
Considérée autrefois comme la région la plus riche du Sénégal, la Casamance est secouée depuis décembre 1982, par des conflits pour son indépendance, déclenchés par le MFDC. Ce mouvement indépendantiste a été créé par un prêtre, l’abbé Augustin Damacoune Senghor, aujourd’hui âgé de plus de 70 ans. Plus de 3’000 personnes ont été tuées durant les 18 ans de lutte sécessionniste dans la province. (apic/ibc/bb)



