Sénégal: Intervention du président Wade à propos des évêques menacés

Wade accuse des «spécialistes de la manipulation»

Dakar, 9 janvier 2004 (Apic) L’origine des menaces de mort contre les évêques ainsi que les autres actes qui menacent la paix sociale au Sénégal émanent de «spécialistes de la manipulation», a estimé jeudi soir le président sénégalais Abdoulaye Wade.

Dans une adresse exceptionnelle à la Radio/Télévision du pays, il a réagi avec «la plus grande fermeté» contre les menaces de mort contenues dans une lettre à l’archevêque de Dakar, Mgr Théodore Adrien Sarr. Les auteurs de la lettre reproche au clergé d’avoir critiqué en novembre dernier le régime du président Wade.

«Tout porte à croire qu’un mauvais esprit a décidé de s’acharner sur nos acquis, à moins qu’il ne s’agisse de spécialistes de la manipulation», a déclaré le président Wade, estimant que chacun de ses «succès est suivi presque immédiatement d’un évènement qui perturbe les esprits et menace la paix sociale». Pour lui, une telle «synchronisation invite à une réflexion vigilante».

«S’agissant des menaces proférées contre les chefs de l’Eglise du Sénégal, il est simplement inimaginable qu’elles soient inspirées ou cautionnées, même indirectement, par un responsable du pouvoir», a ajouté Wade, qui s’est présenté «comme le rempart le plus sûr de protection de la communauté chrétienne».

Le chef de l’Etat a réaffirmé «avec vigueur» son «attachement indéfectible» à la paix, la liberté, la tolérance et le respect mutuel. Ce sont des «valeurs sacrées» que l’Etat sénégalais défend «en tout lieu et en tout temps, sans aucune concession» a-t-il fait remarquer. Relevant enfin que «la simple menace constitue en elle-même un délit».

Selon lui, le ministre de l’Intérieur et les forces de sécurité ont reçu des instructions fermes pour retrouver le ou les auteurs qui seront «traduits en justice et condamnés comme il se doit».

’Organisation nationale pour la défense des droits de l’Homme (ONDH) avait révélé lundi que des menaces de mort avaient été proférées contre les évêques sénégalais, en particulier l’archevêque de Dakar, Mgr Théodore Adrien Sarr. Ces menaces étaient notamment contenues, selon l’ONDH, dans une lettre envoyée par un mystérieux groupe appelé «le Cercle d’Acier»

e 30 novembre, les évêques du Sénégal, réunis à Tambacounda (sud-est du Sénégal), avaient déploré la dégradation «du climat social et politique» assortie de «violences verbales et physiques» en estimant que le ciel sénégalais était «chargé de gros nuages».

Les chrétiens représentent environ 4% de la population sénégalaise contre 95% de musulmans. Mais les deux communautés ont toujours vécu en bonne harmonie de l’indépendance à nos jours. (apic/ag/ibc/pr)

9 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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