L’Eglise condamne fermement

Sénégal: Intrusion policière dans une église contre un opposant au régime

Dakar, 17 avril 2006 (Apic) L’archevêque de Dakar a condamné l’intrusion policière dans une église, au cours de son homélie, deux jours après qu’un opposant eut été suivi par la police dans la cathédrale de la capitale puis interpellé dans un autre quartier.

«Une église est un lieu de culte: elle doit être respectée et traitée comme telle par nous tous, et les pouvoirs publics et les simples citoyens», a déclaré l’archevêque, Mgr Théodore Adrien Sarr, dans son homélie. «Nous n’acceptons pas, et n’accepterons pas, que la DIC (Division des investigations criminelles, police judiciaire) vienne interpeller dans une église ou à la porte d’une église un fidèle venu participer à un office», a déclaré Mgr Sarr, revenant sur ce qu’il a appelé «les évènements (du) Vendredi Saint 2006».

Vendredi, l’opposant sénégalais Jean-Paul Dias, de confession chrétienne et leader du Bloc des centristes Gaïndé (BCG), avait été suivi par des éléments de la DIC, jusque dans l’enceinte de la Cathédrale de Dakar, dans le centre-ville, où il s’était rendu pour la messe, selon son entourage. Il avait ensuite été interpellé, puis remis en liberté samedi dans la nuit.

L’action de la police a scandalisé l’opinion publique et en particulier les chrétiens. Les agents voulaient arrêter l’homme en question pour son refus de répondre à une convocation qui lui avait été envoyée. La police a démenti ces accusations, niant que des agents du corps aient violé les lieux de culte.

Les partis politiques de l’opposition, les organisations de la société civile et celles de défense des droits de l’homme, ainsi que la presse privée du Sénégal ont été unanimes à condamner, l’entrée des policiers de la Dic dans la cathédrale au moment de la prière. Ils ont réclamé des excuses officielles de l’état à l’Eglise. Ils ont qualifié cette violation de culte, «d’humiliation» de l’Eglise, tout en se déclarant «choqués.

Jean-Paul Diaz avait appelé, la semaine dernière, les dirigeants de partis politiques opposés au régime du président Abdoulaye Wade, à ne plus répondre aux convocations de la Dic. C’était à la suite de celle envoyée à un autre chef de l’opposition, Amath Dansokho, convoqué par deux fois à la Dic.

L’abbé Adolph Faye, vicaire de la cathédrale de Dakar et les nombreux fidèles présents dans l’église au moment de l’entrée des policiers, ont condamné et exprimé leur indignation.

Ancien collaborateur du président Abdoulaye Wade quand il était dans l’opposition, Jean Paul Diaz dirige une petite formation politique dite du «centre». Il est, avec un sénégalais d’origine libanaise, Samir Abou Rizk, les deux seuls catholiques, responsables de partis politiques au Sénégal sur plus de 70 que compte le pays. Apic

Encadré

Pâques avec la Croix des JMJ

Les événements de cette arrestation n’on pas empêché les chrétiens du Sénégal à Fêter Pâques dans la joie. Les catholiques du Sénégal ont en effet célébré cette année des Pâques exceptionnelles, puisqu’ils accueillent depuis jeudi 13 avril 2006, la Croix pèlerine des JMJ. Vendredi saint, une longue procession de plus de trois mille catholiques a eu lieu, avec la Croix, sur une distance de 10 km environ, allant de l’église de Yoff (banlieue nord-ouest de Dakar) à la paroisse de Grand-Dakar (quartier populaire au nord de Dakar). Le chemin de croix s’est déroulé dans une atmosphère de recueillement, rythmée de chant et de prières. La foule de fidèles était composée, à majorité de jeunes auxquels la Croix est dédiée. A l’arrivée, celle-ci a été déposée, avec l’icône de la Vierge Marie qui l’accompagne, sur un autel dressé pour la circonstance, sous des applaudissements. L’archevêque de Dakar, Mgr Théodore Adrien Sarr, a accueilli les marcheurs. D’autres pays africains accueilleront ensuite la Croix des JMJ. (apic/ibc/pr)

17 avril 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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