Sénégal: L’imam de Ziguinchor appelle musulmans et chrétiens à être au service de la paix Appel lancé après le meurtre du président du Conseil régional
Dakar, 2 janvier 2007 (Apic) Cherif Alioune Aïdara, imam de Ziguinchor, dans le sud du Sénégal, a appelé musulmans et chrétiens à s’unir et à oeuvrer pour que règne la paix dans le monde. Le guide religieux s’exprimait dimanche à l’issue de la prière de la tabaski (appelée chez les Arabes Aïd el Kébir, la fête du mouton).
L’imam a rappelé à cette occasion la coïncidence entre la fête du mouton et la st-Sylvestre. Selon le leader religieux musulman, il est du devoir de tout croyant, qu’il soit chrétien ou musulman, de «serrer la main» des autres croyants. Les deux communautés religieuses doivent travailler ensemble «pour que l’on puisse vivre dans la paix, non seulement en Casamance, mais aussi dans le monde entier», a-t-il insisté.
L’imam Aïdara a aussi appelé les grandes puissances du monde à travailler dans le sens de la paix, soulignant son désaccord, par rapport à leur tentation d’imposer la force au reste du monde. «Seul Allah détient la véritable puissance», a-t-il rappelé, tout en exhortant les musulmans à se mettre au service de la paix, en prêchant par l’exemple.
Cet appel à la paix de l’imam Alioune Aïdara est intervenu au lendemain de l’assassinat, dans la nuit de samedi à dimanche, du président du Conseil régional de Ziguinchor, El hadj Oumar Lamine Badji, par des hommes armés non identifiés. Il a été tué dans son village natal de Sindian où il était né en 1944.
Cette plus haute personnalité politique de la région a été égorgé par le groupe d’assaillants qui avaient pris d’assaut son domicile. Après avoir incendié la concession et le véhicule de service, ils ont entraîné hors de la maison Oumar Lamine Badji pour le tuer atrocement.
Deux jours auparavant, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) qui lutte pour l’indépendance de la Casamance, dont Ziguinchor est le chef lieu de région, avait dénoncé le renforcement militaire dans la province.
El hadj Oumar Lamine Badji avait contribué de façon notable, à la signature, en 1991, du premier accord de paix entre le gouvernement sénégalais et le MFDC. Il avait réussi à convaincre les combattants du mouvement qui vivaient dans le maquis à déposer les armes et à résoudre le problème de la région par la négociation. Le président sénégalais Abdoulaye Wade a aussitôt condamné le meurtre de Badji, Il l’a qualifié de «lâche et d’acte de banditisme posé par les adversaires de la paix en Casamance». La violence dans cette région méridionale du Sénégal dure depuis décembre 1983.
Le processus de paix en Casamance est presque achevé
Le chef de l’état sénégalais a déclaré aussi que les conditions d’assassinat de son compagnon de longue date, Oumar Lamine Badji, étaient ignobles et que cet acte avait été commis par des «bandits qui prétendent défendre une cause». «Nous n’avons pas encore tous les éléments, mais nous savons que la plupart de ceux qui avaient pris les armes (en Casamance) les ont déposées. Ils sont maintenant des partisans de la paix avec qui nous sommes en rapport quotidien», a-t-il poursuivi.
L’Etat et le MFDC sont presque «au bout» de l’établissement d’une paix définitive en Casamance, a-t-il enfin indiqué. Le MFDC, par la voie de son secrétaire à l’organisation, Bertrand Diamacoune Senghor, frère cadet de l’abbé Diamacoune Senghor, a nié son implication dans le meurtre de Oumar lamine Badji. (apic/ibc/be)



