Choisi pour lancer un appel au dialogue politique dans le pays

Sénégal: Le Cardinal Théodore Adrien Sarr de nouveau sollicité pour désamorcer une crise

Dakar, 17 août 2008 (Apic) Un Comité d’initiative citoyenne (CIC) composé d’universitaires, de chercheurs, de journalistes, a désigné l’archevêque de Dakar, le cardinal Théodore Adrien Sarr, pour être à la tête d’un collectif de dignitaires religieux, chargé de lancer un appel au dialogue entre le pouvoir et l’opposition au Sénégal. C’est le président du CIC, Babacar Guèye, professeur de droit constitutionnel de renom à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), qui l’a annoncé à la presse hier samedi 16 août 2008.

«Le cardinal Sarr est le mieux placé pour remplir cette mission», a souligné Babacar Guèye, ajoutant que l’une des missions du collectif des religieux que dirigera le cardinal Sarr sera de lancer un appel à la réconciliation.

Pendant huit mois, les membres du CIC ont fait le tour de tous les foyers religieux, des organisations de l’opposition, des partis d’opposition, et rencontrer des partis de la majorité et une partie de la société civile. «Nous sommes parvenus à obtenir que chacune de ces parties accepte de répondre à un appel au dialogue qui serait fait par un dignitaire religieux», a rappelé Babacar Guèye. «Dans cette perspective, a-t-il poursuivi, nous avons pensé au cardinal Théodore Adrien Sarr », a-t-il ajouté, faisant remarquer qu’à « cette époque, quand nous pensions à lui, il venait juste d’être élevé au cardinalat et nous nous sommes dit qu’il était le mieux placé pour faire cet appel».

Depuis l’élection présidentielle de février 2006 au Sénégal, le climat politique est tendu dans le pays. Des adversaires radicaux du président Abdoulaye Wade, dont le Parti socialiste (PS, anciennement au pouvoir), l’Alliance des forces de progrès (AFP, ancien allié du pouvoir), la Ligue démocratique (LD, ancien allié du pouvoir aussi), regroupés au sein d’une coalition refusent toujours de reconnaître la victoire du président Wade à cette élection. Ils l’accusent d’avoir organisé une fraude électorale. Ils ont boycotté, en juin 2007, les élections législatives, et sont de ce fait, absent de l’assemblée nationale. Le président Abdoulaye Wade, pour sart, refuse tout dialogue avec eux tant qu’ils ne le reconnaîtraient en tant que chef de l’état.

Le CIC et de nombreuses autres bonnes volontés ont, depuis, tenté une médiation pour un dialogue entre la majorité présidentielle et cette opposition, mais en vain.

Le cardinal Théodore Adrien Sarr mène depuis deux semaines, une autre mission de réconciliation: celle entre le pouvoir et une partie de la presse privée sénégalaise. (apic/ibc/js)

17 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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