Lourdes peines pour les contrevenants
Sénégal: Le gouvernement interdit la pratique de l’excision
Dakar, 24 décembre 1998 (APIC) Le gouvernement sénégalais a décidé d’interdire l’excision sur son territoire, et de punir d’une peine de 2 à 5 ans d’emprisonnement les personnes qui contreviendraient à cette disposition, décidée mardi 22 décembre en Conseil des ministres. On estime à 150 millions le nombre de femmes victimes de l’excision en Afrique.
Dans une série de mesures adoptées en Conseil, le gouvernement a décidé de renforcer la protection des femmes, des enfants et des libertés démocratiques. Il a notamment adopté une série de lois interdisant la pratique de l’excision, de réprimer la pédophilie, la corruption de mineur et le harcèlement sexuel.
Les nouvelles dispositions sur la protection des femmes et des enfants, punissent désormais les auteurs de l’ablation du clitoris par une peine d’emprisonnement de 2 à 5 ans. Même peine pour les auteurs d’actes pédophiles, de tentatives de corruption sur des enfants mineurs pour des actes sexuels, ainsi que pour tous ceux qui sont reconnus coupables de harcèlement sexuel. En outre, les époux qui sanctionneront leurs épouses par la violence, seront punis, selon une nouvelle loi.
Le gouvernement a en outre annonce son intention de supprimer l’article du code pénal, souvent utilisé pour traduire en justice des opposants ou syndicalistes. Il s’agit de l’accusation de «manoeuvres de natures à jeter le discrédit sur les institutions». Décriée de tout temps par les défenseurs des droits de l’homme, ce passage du code pénal a toujours été qualifié de disposition «fourre-tout». (apic/ibc/pr)



