Sénégal: Le président Wade interviewé par La Croix
Les catholiques du Sénégal «n’ont rien à craindre»
Paris/Dakar, 25 janvier 2004 (Apic) Abdoulaye Wade, président du Sénégal, rassure
les chrétiens de son pays et affirme qu’il «n’y a aucune menace contre eux», dans
un entretien paru vendredi 23 janvier 2004 dans le quotidien français, «La Croix».
En décembre dernier, les évêques sénégalais, notamment l’archevêque de Dakar, Théodore Adrien Sarr, ont reçu des lettres anonymes de menaces de mort signées d’un mystérieux groupe dénommé le «Cercle des jeunes d’Acier (Cja)».
Dans l’interview donnée au quotidien catholique français, et repris par l’agence de presse sénégalaise Aps, Abdoulaye Wade lance un appel aux chrétiens du Sénégal et affirme: ” Aucune menace ne pèse sur eux. Qu’ils soient totalement rassurés». Il a ajouté que la «tradition de tolérance religieuse» de son pays, «reconnue partout en Afrique et dans le monde», n’était pas mise en péril.
Le chef de l’Etat sénégalais a rappelé que le président Léopold Sédar Senghor qui a dirigé le pays entre 1960 et 1980, «était catholique, dans un pays à majorité musulmane» et que cela n’avait posé «aucun problème», ajoutant: ’»Il n’y a pas d’affaire de voile, chez nous» et «pas l’ombre d’une guerre de religions au Sénégal».
Selon lui, «les condamnations les plus vives de ces lettres anonymes reçues par les évêques le 19 décembre 2003 sont venues des musulmans eux-mêmes». Il a précisé qu’une enquête officielle était ouverte, avant d’indiquer que ces menaces étaient «politiques» et tendaient à «créer une déstabilisation au sein du régime», ajoutant: «J’ai les meilleures relations personnelles avec l’Eglise».
Cette affaire a surgi dans un contexte politique de vive contestation au Sénégal, que le président Wade interprète en ces termes, dans les colonnes de La Croix: «L’opposition trouve le temps long, car il n’y a pas d’échéance électorale proche». En réalité la situation inquiète la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), qui le 11 janvier s’était déclarée préoccupée pour la liberté d’expression au Sénégal. Selon la FIDH, les dignitaires de l’Eglise catholique, accusés d’avoir «critiqué la situation socio-politique» en novembre 2003, tout comme les intellectuels critiques sénégalais, sont victimes de menaces. (apic/Ibc/vb)



