Deux millions de fidèles réunis à Touba

Sénégal: Les mourides ont célébré le 108e anniversaire de la déportation de leur guide

Dakar, 9 avril 2004 (Apic) Quelque deux millions de musulmans sénégalais appartenant à la confrérie des mourides, ont célébré vendredi le 108e anniversaire de la déportation du fondateur de la confrérie au Gabon. Cette confrérie est la seconde du pays en importance, après celle des tidjanes, de loin la plus nombreuse en fidèles.

Pour les mourides, la fête du «Magal» (anniversaire en langue woloff locale) est un événement majeur, célébré, chaque année, le 18e jour du mois lunaire de Safar, qu’il ne faut rater. C’est une manifestation religieuse faite de récitation de coran, de chants religieux, de visites aux lieux sacrés. L’événement mobilise chaque année plus d’un million de fidèles mourides vivants aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger.

Depuis jeudi, des milliers de personnes (hommes, femmes, enfants et jeunes) ont convergé vers la ville sainte de Touba, à 200 km à l’est de Dakar.

La foule de fidèles a pris d’assaut les artères de la cité religieuse, se rendant à la grande mosquée de la localité où repose leur guide spirituel, décédé en 1927. Parmi les nombreux pèlerins figurent aussi des curieux, musulmans ou non. Touba est une métropole religieuse d’environ 1,2 million d’habitants. C’est là que réside le khalife général des mourides. Considérée comme la seconde localité du Sénégal après Dakar, elle a été crée vers 1888 par le fondateur du mouridisme, le cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927).

Interrogations

Depuis l’indépendance du Sénégal en 1960, tous les chefs d’Etat qui se sont succédés à la tête du pays, ont fait de Touba un axe central de leur politique. Pour des raisons électoralistes, disent certains, ils y ont investi plus qu’ailleurs. L’intérêt de l’Etat pour la ville religieuse s’est accru, de façon manifeste, avec le président Aboulaye Wade, membre de la confrérie mouride. En quatre ans de pouvoir, il a investi plus que tout autre à Touba, disent ses détracteurs.

Quant à la presse sénégalaise d’ordinaire très réservée sur tout ce qui touche Touba et la vie mouride, elle commence à s’inquiéter des dangers que pourrait représenter un glissement du pouvoir vers une confrérie. (apic/ibc/pr)

9 avril 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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