Vers une concertation nationale pour mettre fin à la confusion
Sénégal : Les musulmans ont célébré la fin du ramadan dans la division
Dakar, 14 novembre 2004 (Apic) Des musulmans sénégalais ont célébré samedi la fête de l’Aïd el-Fitr marquant la fin du mois sacré du Ramadan. D’autres l’on fait dimanche. En d’autres termes, les musulmans sénégalais ont célébré samedi et dimanche dans la division, la fin du ramadan.
C’est devenu maintenant une tradition dans ce pays à 96% musulman sur 11 millions d’habitants, de célébrer, dans la confusion, les fêtes islamiques. Pour mettre fin à cette divergence, le gouvernement a annoncé la tenue, prochainement, d’une concertation nationale sur la question.
Le début du mois de jeûne, l’un des cinq piliers de l’islam, a été aussi marqué par la divergence. Certains l’ont entamé le 15 octobre. D’autres, par contre, ne l’ont commencé que le lendemain. De plus en plus de sénégalais, dépités par la grande confusion sur les dates religieuses, s’alignent désormais sur l’Arabie Saoudite.
En fait, les difficultés pour les musulmans sénégalais de se retrouver autour d’une date unique pour les fêtes religieuses s’expliquent en grande partie par le fait que l’islam sénégalais est confrérique. On dénombre ainsi dans le pays, trois familles: les tidjanes, majoritaires, les mourides, plus influents, et les khadrs minoritaires.
La puissance de ces confréries est telle que les islamistes ou intégristes musulmans, animés par de jeunes intellectuels formés dans les grandes écoles et instituts des pays arabes du golfe, ont encore du mal à s’imposer, de façon significative, dans la vie socio- culturelle du pays. Leur emprise sur la société sénégalaise est encore faible. Leur discours violent et intolérant heurte l’opinion publique locale, très attachée, malgré tout, à un islam tolérant, ouvert et modéré. Apic
Encadré :
En France comme en Suisse, la fin du ramadan a aussi été célébrée. A Genève, samedi, pas moins de 6’000 musulmans ont fêté l’événement. Ils étaient venus d’un peu partout en Suisse, y compris de la France voisine. (apic/ibc/pr)



