Sénégal : Les «nouveaux défis» de la famille au menu des prêtres du pays en assemblée plénière
Dakar, 17 septembre 2014 (Apic) «Le prêtre sénégalais face aux nouveaux défis de la famille». Tel est le thème de la 38e assemblée générale de l’Union du clergé sénégalais (UCS) réunie depuis le16 septembre 2014, à Poponguine, au sud de Dakar. Plus de deux cents prêtres débattent de ces questions.
Ce thème rappelle celui du prochain synode des évêques, convoqué par le pape François en octobre prochain, à Rome, et dont le document de travail vient d’être publié. Il donnera aux prêtres sénégalais, l’occasion de réfléchir sur les défis pastoraux de la famille sénégalaise.
A l’ouverture des assises, Mgr Jean-Noël Diouf, évêque de Tambacounda (est), chargé du clergé et des séminaires au sein de la Conférence épiscopale du Sénégal, a déploré les nombreux «visages de la famille qui ne sont pas toujours en adéquation avec l’enseignement de l’Eglise». Il s’agit, selon lui, de la polygamie, des mariages mixtes ou interreligieux, des unions libres, des divorcés remariés, du lévirat (coutume qui oblige le beau-frère à épouser la veuve de son frère mort ndr), des familles en butte à l’alcoolisme, la violence, l’absence d’enfant, l’absence du père de famille ou de la mère, les unions entre les personnes de même sexe. «Ces mutations ont privilégié l’individualisme, affaibli et relativisé la sacralité du mariage», a-t-il souligné.
Banalisation du divorce
Pour sa part, l’abbé Pierre Dione, président de l’UCS, s’est inquiété des «assauts insidieux» contre la famille. «S’attaquer à la famille, c’est s’attaquer au lien social, c’est compromettre ce qui définit la personne humaine en tant qu’elle s’inscrit dans un processus générationnel dont elle reçoit comme un témoin, la boussole de son existence», a-t-il fait remarquer.
Selon lui, au Sénégal et en Afrique, «nous n’en sommes pas encore à un degré de fourvoiement» marqué par «des unions de type mariage pour tous et l’élasticité morale des familles conventionnelles qui se composent et recomposent au gré des humeurs».
Dans une communication, l’abbé Joseph Maïssa Gueye a exprimé son anxiété face aux «menaces qui pèsent sur la famille», dénonçant, à ce sujet, «la banalisation du divorce et la politisation de la question homosexuelle».
Les travaux de l’UCS prendront fin par l’élection d’un nouveau bureau. (apic/com/ibc/mp)



