L’Eglise catholique s’engage aux côtés du MALAO
Sénégal: Lutte contre la prolifération des armes légères
Dakar, 9 mars 2001 (APIC) Le Mouvement contre les «Armes Légères» en Afrique de l’Ouest (MALAO) et l’Eglise catholique – notamment – du Sénégal, ont décidé d’une action commune pour faire face à la prolifération des armes légères dans le pays, à l’issue d’une journée de sensibilisation et de réflexion sur le rôle de l’Eglise dans cette lutte. Les deux parties vont travailler à la mise en place d’un plan commun, ainsi que d’une structure : réseau ou observatoire de prévention et de gestion des conflits.
Selon ses responsables, le MALAO est convaincu que les religions sont en mesures de changer les mentalités et les comportements des populations par leurs actions d’éducation à la tolérance, la paix, le respect des droits de l’homme, l’honnêteté. Dans ce cadre, elles peuvent aider à réduire les effets néfastes que provoquent les armes légères.
Dans une enquête publiée au moment de la création du MALAO en en octobre 1998 à Abuja (Nigeria), la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) a indiqué que 15 millions d’armes légères de petite taille et plusieurs milliers de mines antipersonnel étaient en circulation dans la sous-région, dont une grande partie dans la zone sud Sénégal.
La CEDEAO, fondateur de ce mouvement, est une organisation qui regroupe l’ensemble des 15 pays francophones, anglophones et lusophones de la partie ouest de l’Afrique. La Mauritanie, un pays francophone de l’Afrique de l’ouest, l’a quitté en 1999 pour se rapprocher des pays arabes de l’Afrique du nord (Maroc, Algérie, Tunisie et Libye).
L’envahissement des armes légères sur le marché ouest africain est une menace pour la paix et porte atteinte à celle-ci, aux droits de l’homme et au développement, a souligné le MALAO. Véritable fléau, la circulation incontrôlée des armes légères prend de plus en plus de l’ampleur en Afrique de l’ouest, confrontée à plusieurs foyers de tension: Sénégal, Guinée-Conakry, Sierre-Leone, Liberia, par exemple. Les armes blanches (couteaux, coupe-coupe, lances, flèches, etc …), pistolets, revolvers, mitrailleuses, lance-roquettes, mines anti-personnels sont considérés par les spécialistes comme armes légères. Leurs victimes sont à 80% des femmes et des enfants.
En octobre dernier, le MALAO et les chefs religieux musulmans et chrétiens du Sénégal avaient tenu des journées de prières à la mémoire de toutes les victimes des armes légères dans le pays. (apic/ibc/pr)



