Seulement deux exécutions officielles depuis l’indépendance
Sénégal: Maintien du principe de la peine de mort, mais moratoire jusqu’en 2005
Dakar, 22 avril 1998 (APIC) Le gouvernement sénégalais maintiendra dans son dispositif judiciaire le principe de la peine de mort mais ne l’appliquera pas jusqu’en 2005, a affirmé le Garde des Sceaux ministre de la Justice, Jacques Baudin. Dans une déclaration, mardi à la radio privée Sud FM, il a souligné que cette «peine subsiste au Sénégal en droit et non en fait».
Il faut maintenir cette sentence dans l’ordonnancement juridique du Sénégal, a-t-il estimé. Le Sénégal a défendu à la récente session de la Commission internationale de l’ONU sur les droits de l’homme de Genève, le principe du moratoire. Le président Abdou Diouf est d’accord pour que la peine de mort ne soit pas appliquée dans le pays. Mais pour des raisons de convictions religieuses, le principe de la peine de mort doit être maintenu, car l’islam, religion dominante du pays avec près de 96% de pratiquants sur une population totale de 8 millions d’habitants, prévoit ce principe.
Depuis l’indépendance du pays en 1960, seuls deux cas d’exécutions officielles ont été enregistrés au Sénégal. Il s’agit de l’auteur d’une tentative d’assassinat contre l’ancien président Léopold Sédar Senghor et de l’auteur du meurtre d’un ministre de la Jeunesse et des Sports en exercice, Demba Diop. Ces incidents ont eu lieu aux premières années d’indépendance du pays.
En 1995, la justice sénégalaise a condamné à des peines maximales de 20 ans de réclusion trois personnes qui avaient été reconnus coupables du meurtre, en mai 1993, du vice-président du conseil constitutionnel, la plus haute instance juridique du pays, l’avocat Babacar Sèye. (apic/ibc/mp)




