Garantir la liberté confessionnelle

Sénégal: Mgr Sarr craint la promulgation d’un code musulman de la famille

Dakar, 2 juillet 2003 (Apic) Alors qu’un groupe de musulmans a proposé la réforme du code du droit de la famille au Sénégal, Mgr Théodore-Adrien Sarr, archevêque de Dakar, se montre prudent et confiant. Il demande que soit garantie la liberté confessionnelle.

Interrogé par le mensuel italien Jesus du mois de juillet, le président de la Conférence épiscopale du Sénégal explique que «la discussion sur cette réforme du code de la famille est partie d’un groupe de musulmans qui se dit représentatif des familles religieuses musulmanes. Ce groupe exige la promulgation d’un second code qui respecte les préceptes de l’islam et les non musulmans pourraient conserver à leur usage le premier code».

Pour Mgr Sarr, les conséquences seraient doubles: «la rupture de l’unité nationale en raison de l’usage des deux codes. Ce serait aussi le début d’une division entre les musulmans et les non musulmans». «Après cette ’concession’, a-t-il ajouté, suivraient certainement d’autres requêtes de conformité à la charia».

Mgr Sarr a souligné que «de nombreux musulmans et de nombreux chrétiens se sont opposés à cette éventualité». «Un pays qui a renoncé à être un Etat confessionnel, peut-il adopter comme loi officielle un ensemble de préceptes religieux ?», s’est-il interrogé.

Pour le président, la réforme ne passera pas

Affirmant que «le président a insisté sur le fait que cette réforme ne passera pas, et il est possible de le croire», Mgr Sarr a cependant ajouté que son élection a été soutenue par des chefs religieux influents et que «en général, les hommes politiques recherchent le consensus électoral auprès des chefs religieux musulmans».

Le débat est actuellement encore ouvert dans ce pays où vivent environ 500’000 catholiques au milieu de plus de 10 millions d’habitants. Selon Mgr Sarr, «le pays saura vers où il se dirige dans les prochaines semaines». Pour l’archevêque de Dakar, les défenseurs de la laïcité doivent rester en alerte et réaffirmer leurs convictions». «Jusqu’à aujourd’hui, a-t-il conclu, l’Eglise catholique et les autres Eglises chrétiennes ont bénéficié d’une pleine liberté d’action grâce à cette laïcité qui n’a rien à voir avec un laïcisme qui nie ou ignore la religion. Les catholiques continuent à croire dans le dialogue inter religieux et à user de leur lucidité, de leur sérénité et de leur esprit de vigilance». (apic/imedia/bb)

2 juillet 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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