L’Eglise doit s’engager davantage contre la misère

Sénégal: Missionnaires de la Charité en mission d’observation sur la grande pauvreté

Dakar, 7 janvier 2002 (APIC) Des Missionnaires de la Charité, la congrégation de Mère Teresa, sont en mission d’observation de la pauvreté au Sénégal pendant une année, à l’invitation de l’Eglise locale. Selon des enquêtes officielles, près de 58% des ménages de Dakar, immense ville de plus de deux millions d’habitants, vivent dans la pauvreté.

Une étude sur les dépenses de consommation par habitant a montré que 20% des personnes les plus riches au Sénégal concentrent 46,6 de la consommation nationale. Pendant ce temps, les 20% les plus pauvres n’en consomment que 6,9%.

Selon Mgr Théodore-Adrien Sarr, archevêque de Dakar, les Missionnaires de la Charité auront pour tâches d’observer la grande pauvreté dans les villes de Dakar et Kaolack. «Dans les mois à venir, nous allons déterminer ensemble le travail qu’elles pourront accomplir en complémentarité de ce qui se fait déjà par les Caritas diocésaines de Dakar et des autres paroisses», précise le prélat dans une interview à Sud-FM, une radio locale.

Le prélat souligne qu’il continue d’interpeller les congrégations religieuses au Sénégal, pour étudier les possibilités d’assistance sociale aux personnes diminuées à travers les écoles, dispensaires et autres ?uvres classiques. Il estime que l’Eglise n’a pas encore assez fait pour les handicapés permanents, tels que les aveugles et handicapés moteurs. Il constate cependant que tous les diocèses sénégalais sont organisés pour apporter une aide aux personnes nécessiteuses. Le chef de l’Eglise catholique du Sénégal souhaite augmenter l’efficacité des Caritas diocésaines, car aussi bien à Dakar qu’à l’intérieur du pays, les besoins sont immenses.

Croissance de la pauvreté élevée au Sénégal

Le programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) considère comme pauvres, les populations qui vivent avec un revenu de moins de deux dollars par jour. Elles vivent dans de mauvaises conditions sociales du fait qu’elles n’ont pas les moyens financiers, intellectuels et matériels de subvenir à leurs besoins en matière de santé et d’éducation.

Trois enquêtes menées en 1991, 1994 et en 1996, à la demande du gouvernement, ont révélé que la pauvreté est très élevée au Sénégal. Durant cette période, le seuil de pauvreté est passé de 46,4 à 50,7%. Dans le même temps, la pauvreté extrême est passée de 6,6 à 12,9% de la population. A Dakar, 65,5% de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté.

Selon cette dernière enquête, au Sénégal la pauvreté est répartie de manière inégale sur l’ensemble du pays. Elle est plus présente en milieu rural qu’en milieu urbain. Dans les zones rurales où vivent environ 60% des neuf millions d’habitants du pays, les 80% sont pauvres. Ainsi, sur cinq personnes pauvres, quatre sont des ruraux qui, faute de moyens, ne peuvent accéder au service sociaux de base :dispensaire, école, eau potable et électricité. (apic/ibc/at/be)

7 janvier 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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