Sénégal: Onze personnes condamnées à quatre mois de prison ferme pour excision

«Peine exemplaire et dissuasive»

Dakar, 4 novembre 2001 (APIC) Vendredi, la lutte contre l’excision est entrée dans sa phase opérationnelle au Sénégal. Onze paysans de Kolda (sud du pays), ont été condamnés à quatre mois de prison ferme pour avoir excisé onze fillettes âgées d’un à cinq ans, sur ordre du chef du village.

Les prévenus, interpellés il y a deux semaines, avaient profité d’une cérémonie de circoncision pour exciser les adolescentes. Lors de leur jugement, les condamnés, les larmes aux yeux, ont expliqué à la justice qu’ils ne savaient pas qu’une loi «interdit l’ablation du clitoris, une coutume qui existe depuis des temps anciens».

Les magistrats de la cour ont qualifié la sentence de «peine exemplaire et dissuasive» pour que la pratique de l’excision, qui n’a aucune exigence religieuse, scientifique et sanitaire, disparaisse dans le pays.

Les autorités sénégalaises ont lancé, à la fin octobre un programme national d’éradication de l’infibulation dans le pays d’ici fin 2005. Coûtant 125 millions de francs CFA (environ 312’000 frs), il prévoit notamment un déédommagement des exciseuses qui acceptent d’abandonner le métier. Selon les organisations non gouvernementales engagées dans la lutte contre l’excision, environ 20 % des Sénégalaises, soit un million de femmes dans le pays, sont excisées.

Une loi interdit l’ablation du clitoris au Sénégal depuis janvier 1999. Cette disposition pénale a été renforcée par la nouvelle constitution dont s’est doté le pays en janvier dernier. Désormais, ces pratiques sont considérées comme des délits. (apic/ibc/at)

4 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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