Un Etat vraiment laïc?
Sénégal: Référendum le 7 janvier
Dakar, 4 janvier 2001 (APIC) Les citoyens du Sénégal seront appelés, le 7 janvier, à s’exprimer par référendum sur la nouvelle Constitution du pays, où la nature > de l’Etat n’est plus explicite, bien que la liberté de culte soit proclamée. Côté catholique, on demeure réservé. On prône la reconnaissance des religions et on se prononce pour la tolérance. Certains musulmans proches de ceux de l’Afrique du Nord qualifient de dangereux ce référendum. Qui posera d’autres questions, fondamentales, comme celle de ramener le mandat présidentiel de 7 à 5 ans, renouvelable une seule fois en cas de réélection, et, surtout, d’inscrire dans la nouvelle Constitution les mêmes droits aux femmes qu’aux hommes…
Ce changement, qui n’a pas échappé aux juristes, inspire quelques craintes pour l’évolution du pays dans une conception moins >. La suppression de la mention expresse du caractère > de l’Etat est sans doute due, selon certains juristes, au fait que le président Abdoulaye Wade, qui a remporté les élections présidentielles en mars dernier, appartient à une confrérie musulmane, les Mourides, un groupe auquel se rattachent 70 % des musulmans sénégalais.
Le nouveau chef d’Etat, qui l’a emporté sur le président sortant Abdou Diouf au pouvoir depuis 1981, est le premier président libéral après 40 ans de régime socialiste. Abdoulaye Wade, qui a proposé l’élaboration d’une nouvelle Constitution, compte d’ailleurs sur l’appui des principaux partis d’opposition, y compris du côté socialiste.
Un dirigeant de la Fraternité des musulmans Tidianes (proche des Musulmans d’Afrique du Nord) a cependant confié à l’agence catholique missionnaire Fides qu’il y avait des raisons de s’inquiéter pour l’avenir de la liberté religieuse, depuis que les Mourides, dans le sillage d’un chef de file qui n’est autre qu’un célèbre avocat, ont lancé sur les ondes de la télévision nationale un appel à tous les musulmans Tidianes pour soutenir la politique du président Wade.
D’autres enjeux
Selon l’interlocuteur de l’agence Fides, la volonté présidentielle serait d’établir > qui serait >.
Les évêques catholiques du Sénégal se sont abstenus de réagir publiquement à ces derniers faits. Il est vrai qu’ils avaient précédemment publié une lettre pastorale sur la question.




