Structures internationales et développement médiatique
Sénégal: Réunion de la Fédération International de l’ACAT
Dakar, 4 août (APIC) Le Conseil international de la Fédération internationale de l’Action chrétienne pour l’abolition de la torture (FIACAT) a préconisé samedi 3 août une présence plus forte dans les médias tant nationaux qu’internationaux. A l’issue de deux jours de travaux à Dakar, les 2 et 3 août 2002, il a été décidé de créer des réseaux régionaux de coordination en Amérique Latine, aux Etats-Unis, en Europe et en Afrique. La situation de guerre au Congo RDC a fait l’objet d’une déclaration spéciale et l’abolition de la peine de mort en Turquie a été saluée.
Le Conseil a mis l’accent sur un partenariat plus intense entre les sections nationales de l’ACAT. Il a recommandé un échange d’informations et une solidarité agissante lorsque des membres de l’organisation ou des militants des droits humains sont menacés.
Le conseil a également recommandé la formation tant des membres des sections nationales ACAT que des militants des droits de l’homme, à la promotion des droits humains. A cet égard, la FIACAT va renforcer son soutien au cycle de formation Norbert Kenné. La FIACAT, l’Université catholique de la République de Centre Afrique et l’Institut des droits humains de Lyon sont les partenaires de ce programme. Du nom d’un pasteur camerounais qui, décédé il y a près d’une dizaine d’années, s’était illustré dans les activités de l’ACAT en créant dans son pays, une section locale, le cycle comprend des cours de formation de deux ans des formateurs aux droits humains.
La rencontre a également permis de souligner la nécessité de renforcer la réflexion théologique des membres des comités nationaux de l’Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture. Il s’agit de renforcer leur foi et leurs motivations en tant que chrétiens, dans leur engagement contre la torture et la peine de mort.
La situation tragique du Congo RDC
Les délégués des Actions Chrétiennes pour l’Abolition de la Torture de trente trois pays ont déploré samedi 3 août les graves violations des droits de l’homme en République Démocratique du Congo (RDC). Ils ont adopté une déclaration spéciale sur le processus de paix dans ce pays déchirée par 4 ans de guerre civile.
Le texte demande aux Eglises de la RDC de s’engager en faveur de la paix et d’interpeller les diverses forces armées à cette fin. Ils lancent aussi un appel à tous les Etats africains et à la communauté internationale pour accompagner la RDC et le Rwanda dans la recherche de la paix.
A toutes les armées dans l’Est de la RDC, la FIACAT leur demandent de «mettre fin à tout pillage, à toute violation du droit humanitaire et de cesser toute torture et tout traitement inhumain, cruel ou dégradant». La déclaration invite, en outre, les gouvernements du Congo RDC et du Rwanda, à mettre en oeuvre «résolument l’accord de paix signé par eux et de le faire signer par toutes les parties du conflit»
Abolition de la peine de mort en Turquie
La FIACAT a salué la suppression de la peine de mort votée par le parlement turc. «C’est une très grande joie» a déclaré à l’APIC le franco-britannique Patrick Byrne, président de l’organisation. «Nous cherchons l’abolition de cette peine de mort que nous considérons comme une forme ultime de traitement inhumain et dégradant», a-t-il ajouté, soulignant que les 33 sections ACAT membres de la Fédération se réjouissent de cette nouvelle. Visiblement surpris par cette victoire des combattants des droits de l’homme, Patrick Byrne a précisé que «cette décision fait partie d’un processus assez lent, mais qui se répand à travers le monde et nous attendons le jour où tous les pays membres de l’ONU adopteront cette mesure», a-t-il poursuivi. Selon lui, «quelle que soit la culpabilité d’un homme, aucune personne ne mérite d’être tuée pour ce qu’elle a fait». Patrick Byrne estime que les «Etats ne devraient pas avoir le pouvoir de tuer».
La nouvelle loi turque est aussi «un très grand soulagement pour tous ceux qui étaient dans les couloirs de la mort et qui risquaient de disparaître», conclut. le président de la FIACAT, qui souhaite voir d’autres pays, notamment africains, suivre l’exemple de la Turquie.
Martino Dotta, président de l’ACAT Suisse, a aussi salué cette «petite bataille gagnée» par les opposants à la peine de mort. Selon lui, «la guerre n’est pas terminée, car il y a encore beaucoup de travail de lobbyng à faire dans ce pays en matière de respect des droits de l’homme». L’ACAT Suisse collabore beaucoup avec des organisations turques de défense des droits de l’homme. Elle veut continuer la bataille pour l’approfondissement des droits de l’homme, telle que l’annulation de la loi qui autorise l’isolement des détenus politiques. Elle veut aussi lutter pour le respect des droits de la population kurdes.
Nominations
Au terme de la réunion, le conseil a reconduit le franco-britannique, Patrick Byrne, dans ses fonctions de président de la FIACAT pour un nouveau mandat de 4 ans. Six autres membres du bureau de la Fédération ont été élus. Il s’agit du Suisse Jean-Claude Huot, chargé du travailler avec les ACAT européennes pour la présence de la FIACAT au Conseil de l’Europe, du français Philippe Westercamp (trésorier), du canadien Ronald Albert (représentant l’Amérique du nord). La française Sylvie Bukhari de Pontual (représentante de l’Europe), la burkinabée Lucienne Zona (Afrique de l’ouest) et le centrafricain Simon Sakibébé (Afrique centrale) ont également été élus membres du bureau. Chacun servira de lien entre les ACAT de leurs zones géographiques respectives et la FIACAT. Ils travailleront en outre, à élargir leurs réseaux par la création de nouvelles sections ACAT dans les pays où il n’en existe pas encore.
A la fin des travaux, Jean Claude Huot a expliqué à l’APIC que la fonction du bureau est de coordonner le travail de la FIACAT. Les tâches seront réparties entre ses membres. Il se réunit tous les six mois au siège de la Fédération. Pendant 4 ans, il suivra l’application des décisions de la Fédération par les sections de l’ACAT. Il appuiera et transmettra aux organisations internationales (ONU, Conseil de l’Europe, Union Européenne, entre autres), les informations des ACAT sur les situations de violation des droits humains.
Martino Dotta, président de l’ACAT Suisse a pour sa part déclaré à l’APIC, que la FIACAT entretient des liens privilégiés avec le Vatican, le Conseil OEcuménique des Eglises et toutes les autres organisations internationales des églises. Les sections nationales ACAT, par contre, collaborent avec les églises nationales (catholiques, protestantes et orthodoxes). (apic/ibc/sh)



