Sénégal: Un islamiste expulsé d’Italie, un autre recherché par la police britannique

«Pas de foyers islamistes au Sénégal»

Dakar, 19 novembre 2003 (Apic) Un fondamentaliste musulman sénégalais responsable de mosquée en Italie, soupçonné de sympathie avec Oussama ben Laden, a été expulsé mardi à Dakar. Un autre est recherché par la police britannique pour les mêmes motifs. Mais il n’y a pas de foyers islamistes au Sénégal, selon le chef du département arabe de l’université de Dakar.

Mamour Fall, alias Abdul Kadel, alias El Fkih, dirigeait la mosquée de Carmagnola, près de Turin. Il a été expulsé mardi d’Italie pour «troubles de l’ordre public et menace pour la sécurité de l’Etat». Membre de la confrérie des mourides, il s’était singularisé par des prises de position radicales et des déclarations de soutien à Oussama ben Laden, le dirigeant d’Al Qaïda.

Selon la presse sénégalaise, Abdul Kadel est arrivé la nuit dernière à l’aéroport de Dakar, en compagnie de sa femme et de ses quatre enfants, ainsi que de quatre policiers italiens. Il a été entendu pendant trois heures par la police sénégalaise. Son interrogatoire devrait se poursuivre dans la journée de mercredi avant qu’il soit libéré.

Soupçonné de financement du terrorisme

Avant son rapatriement, il avait déjà été entendu par la DIGOS, la police anti- terroriste italienne qui le soupçonne d’être impliqué dans le financement d’opérations de terrorisme. Après l’attentat meurtrier de ces derniers jours contre des carabiniers en Irak, il avait déclaré que Rome serait la cible d’une attaque terroriste si les militaires italiens en Irak de rentraient pas au bercail.

Un autre ressortissant sénégalais vivant en Grande Bretagne, Ibrahima Bâh, est lui aussi activement recherché par la police locale. Il est soupçonné de lien étroit avec le terrorisme international.

Ces deux cas illustreraient-ils la montée de l’intégrisme musulman au Sénégal? Non, selon Babacar Sam, chef du département arabe de l’université de Dakar. «Il n’y a pas de foyers fondamentalistes au Sénégal, mais des militants islamistes qui s’activent», a-t-il souligné à la radio Walf Fm. Ces militants, a-t-il ajouté, «ne sont pas organisés et déterminés au point de dire qu’il y a des «Fis» (allusion au Front Islamique du Salut en Algérie) qui indiqueraient un bouillonnement de fondamentalistes religieux dans le pays». (apic/ibc/bb)

19 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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