Deux mois de prison pour son mari, les ONG protestent

Sénégal: Une écolière décède le lendemain de sa nuit de noces

Dakar, 24 juillet 2002 (APIC) L’époux d’une jeune écolière de douze ans décédée en mai dernier, au lendemain de la nuit de noces, a été condamné à deux mois de prison ferme. Le tribunal a estimé que cette mort ne peut être qualifiée d’homicide volontaire. Les défenseurs des droits de l’Homme protestent contre le verdict, jugé trop clément.

La décision rendue par le Tribunal régional de Saint-Louis a suscité une vive protestation de la part d’Organisations Non Gouvernementales. Dans un communiqué, la Rencontre Africaine de Défense des Droits de l’Homme (RADHHO), estime qu’étant donné l’âge de la victime, son mariage prématuré est un acte assimilable à la pédophilie. Basée à Dakar, cette ONG s’est saisie de l’affaire le lendemain du drame. «La sanction aurait dû être plus sévère, conformément à la constitution sénégalaise qui interdit les mariages précoces, de même que les mariages forcés», estime la RADDHO. Le jugement, ajoute l’organisation, est «une atteinte au code de la famille, à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi qu’aux conventions internationales sur les droits des enfants et sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes».

Les mariages précoces sont une pratique courante dans certaines régions du Sénégal, particulièrement dans la partie nord. Les ONG et associations de défense des droits de l’homme ont décidé d’intensifier la lutte contre ce phénomène à la suite de cette affaire. (apic/ibc/bb)

24 juillet 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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