Pour une question de santé ou de politique?
Serbie: L’Eglise orthodoxe serbe relève son patriarche de ses fonctions
Sofia, 20 mai 2008 (Apic) Le Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe serbe a déclaré que le patriarche Pavle, 93 ans, n’était plus à la tête de l’Eglise, étant «trop malade» pour assumer ses obligations.
Le Synode va se charger de gérer l’Eglise et l’évêque le plus âgé, Amfilohije, prendra la relève en tant que président du Synode et «Gardien du trône», selon le site Internet de l’Eglise, qui a indiqué le 17 mai que le patriarche Pavle avait été «relevé de ses fonctions». La décision a été prise peu de temps après une réunion du Synode à Belgrade.
Le patriarche Pavle est à la tête de l’Eglise orthodoxe serbe depuis 1990 et il est l’un des principaux partisans du nationalisme serbe, en particulier récemment au sujet du Kosovo, province serbe qui a déclaré son indépendance le 17 février 2008 avec un soutien important de la part des pays occidentaux. Le dernier séjour du patriarche à l’hôpital a débuté en novembre 2007.
Bien qu’il ait fait plusieurs séjours à l’hôpital ces deux dernières années, le patriarche a saisi de nombreuses occasions pour s’exprimer sur le Kosovo, ce qui lui a valu l’inimitié d’une grande partie de la classe politique de la Bulgarie, pays voisin de la Serbie désormais membre de l’Union européenne. Début mai, lors des célébrations de Pâques, le patriarche Pavle avait exhorté les Serbes à «défendre le Kosovo» et déclaré que la formation du nouvel Etat n’était «pas qu’une question de territoire, mais une question touchant à nos assises spirituelles».
De nombreux Serbes considèrent le Kosovo comme le coeur spirituel de leur pays. Le patriarche Pavle, qui a été au cours de sa carrière évêque du diocèse comprenant le Kosovo, a déclaré au sujet de l’indépendance de cette région à majorité albanaise que le monde cherchait à «punir et briser le peuple serbe, et à séparer son coeur de son corps».
Dans un communiqué de mars 2008 sur la santé du patriarche, l’Eglise a déclaré qu’il avait bien réagi au traitement, mais qu’il devait rester à l’hôpital. De la fin avril à la mi-mai 2007, un évêque avait déjà assumé les fonctions du patriarche Pavle en raison de son mauvais état de santé.
Succession ouverte
On ne sait pas pour le moment quand le collège électoral de l’Eglise va se rencontrer pour désigner le successeur du patriarche Pavle. Amfilohije, possible successeur, est généralement connu pour avoir des opinions similaires à celles de Pavle sur le Kosovo, mais il pourrait être concurrencé par une personne préférant une approche plus souple sur la question et qui encouragerait des liens plus étroits entre l’Eglise orthodoxe serbe et les autres Eglises.
Selon le règlement de l’Eglise orthodoxe serbe, le successeur du patriarche doit être élu lors d’un vote à bulletin secret auquel au moins les deux tiers des 40 évêques de l’Eglise doivent participer. Si deux candidats obtiennent le même nombre de voix, le nom d’un patriarche est alors tiré au sort pendant qu’une liturgie est menée avec une prière au Saint-Esprit. (apic/eni/js)



