Haïti: Coalition mondiale pour abolir toutes les dettes du pays
Seul moyen de contribuer vraiment à la reconstruction
Port-au-Prince, 9 février 2010 (Apic) Des organisations d’Eglises et laïques du monde entier continuent de réclamer la suppression totale de toutes les dettes de Haïti. Leur demande s’adresse plus particulièrement au Fonds monétaire international (FMI). Plutôt que d’accorder de nouveaux crédits à Haïti, les dettes du pays devraient être simplement effacées, demandent les organisations.
«Les dettes ont contribué à détruire notre pays», déclare Camille Chalmers, membre de «La plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif» (Papda). Elles viennent de l’époque de la dictature militaire. «Depuis la signature du premier accord avec le FMI en 1983, les crédits accordés sont comparables à des chocs persistants qui ont érodé les institutions haïtiennes».
Dettes immédiates remises
Les sept plus grands pays industrialisés du monde (G7) ont, le week-end passé lors d’une séance à Iqualit, dans le nord du Canada, décidé d’effacer la dette directe de Haïti à leur égard. Mais les sommes dues sont relativement petites par rapport aux dettes contractées auparavant.
La décision du G7 ne concerne pas les dettes de Haïti auprès des organisations internationales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Selon les médias, la dette extérieure du pays correspond à plus d’un milliard de francs, dont la plus grande partie proviendrait de l’Inter-American Development Bank (IDB) et du FMI.
Le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, avait annoncé, après le séisme, un allègement de la dette de Haïti. Mais cela ne s’est pas vraiment concrétisé. La dette est toujours là, même sans intérêt. Selon une étude de l’»European Network on Debt and Development», celle-ci risque de passer au cours des neuf années à venir à environ un demi milliard de francs, dus à différentes institutions. (apic/w/ak/js)



