«Seule la paix permettra d’arrêter l’exode des chrétiens de Syrie»
Interview de Mgr Cyrille-Salim Bustros, archevêque melkite de Beyrouth
Harissa, 14 septembre 2012 (Apic) Mgr Cyrille-Salim Bustros, archevêque métropolite de Beyrouth de l’Eglise grecque-melkite, est d’avis que seule la paix permettra d’arrêter l’exode des chrétiens de Syrie. «Quand les gens sont en guerre, ils peuvent supporter un mois ou deux, un an puis après ils en ont assez», relève le prélat dans une interview accordée le 14 septembre 2012 à I.MEDIA dans la basilique Saint-Paul d’Harissa, avant d’affirmer : «on ne peut vivre dans un enfer perpétuel»…
Pour le prélat melkite, tant du côté du régime que du côté de ses opposants, «il y a en Syrie une obstination à ne pas entrer dans le dialogue, c’est malheureux». «Il y a une révolution qui, jusqu’à maintenant, n’est pas claire», constate le responsable religieux, soulignant le grand nombre «de factions, de groupes, dont beaucoup viennent de l’extérieur, de pays musulmans, d’extrémistes, de terroristes d’Al Qaida qui sont là en train de faire la guerre. Qu’on a envoyé comme mercenaires et qui ne savent pas pourquoi ils combattent».
Mgr Bustros explique également l’attitude des chrétiens dans le cadre de la crise syrienne. «Le régime de Bachar al-Assad était très tolérant envers les chrétiens, qui craignent l’arrivée d’un gouvernement salafiste ou musulman qui impose la violence islamique, affirme le responsable religieux. C’est pourquoi ils ont pris le parti du gouvernement». «Personnellement, a-t-il ajouté, j’aurais souhaité que l’on soit plus neutre, que l’Eglise ne prenne pas de position politique, car ce n’est pas son rôle».
La visite de Benoît XVI au Liban va y apporter «plus de compréhension et de solidarité avec les musulmans, qui ont accueilli le pape avec chaleur», assure en outre le haut prélat. «Nous vivons dans la paix, mais il y a toujours des frictions, surtout des frictions entre chiites et sunnites», remarque-t-il, espérant que la visite du pape «va les rapprocher pour les encourager à entrer dans le dialogue, à ne plus penser à la guerre». (apic/imedia/cp/mp)



