Seule la réduction de la pauvreté en Afrique peut enrayer la migration clandestine
Le cardinal sénégalais Sarr veut une «Renaissance de l’Homme noir»
Rome 12 octobre 2009 (Apic) Les barrières policières de l’Europe n’arrêteront pas l’émigration clandestine en provenance d’Afrique sub-saharienne, aux yeux du cardinal sénégalais Théodore-Adrien Sarr, qui préconise la «promotion du développement économique et social» de tous les Africains. Le haut prélat, président du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, a lancé cet appel à la «renaissance de l’Homme noir» au cours des travaux du Synode pour l’Afrique, le 10 octobre 2009.
«Ce ne sont pas les barrières policières, si étanches soit-elles, qui arrêteront la migration clandestine», a ainsi lancé le haut prélat africain. La résolution de ce «drame» passe en effet selon lui par «la réduction effective de la pauvreté par la promotion du développement économique et social s’étendant aux masses populaires de nos pays».
«Voilà pourquoi (…) nous nourrissons l’ambition de susciter (…) chez les Africains sub-sahariens un sursaut ou une Renaissance de l’Homme noir», a alors expliqué le haut prélat, lassé de voir les médias occidentaux entretenir «l’image négative de l’Afrique» en faisant état de la migration clandestine de milliers d’Africains.
Dans son intervention à la fois incisive et didactique, l’archevêque de Dakar a voulu identifier les causes d’émigration, déjà dénoncées les jours précédents par de nombreux pères synodaux. Il a cité en particulier «la corruption des dirigeants africains, qui accordent (…) des avantages et des profits démesurés aux multinationales, au détriment de leurs pays», les «conflits armés internes, fomentés ou alimentés par les marchands d’armes pour leur commerce», mais aussi «le pillage tant de fois décrié des ressources naturelles de l’Afrique».
Au terme de son discours, devant quelque 210 pères synodaux, le cardinal Sarr a lancé un double appel. Il a d’abord souhaité que les gouvernants du continent noir «prennent en main le destin de leurs peuples, fut-ce en oubliant leurs intérêts personnels et en résistant aux pressions extérieures». Puis, plus largement, l’archevêque de Dakar a appelé «toutes les forces extérieures qui ont pesé et pèsent négativement sur le destin de l’Afrique noire» à reconnaître «les maux causés à l’Afrique» et à s’engager à «réparer et lui faire justice».(apic/imedia/cp/js)



