«Seules les Eglises peuvent aider les personnes marginalisées atteintes du VIH»

Corée du Sud: Invité par le Conseil œcuménique des Eglises (COE), l’Onusida lance un appel pour lutter contre la pandémie du VIH

Busan, 31 octobre 2013 (Apic) Le directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, a demandé l’aide des Eglises pour lutter contre la pandémie du VIH. S’exprimant lors de l’assemblée plénière du Conseil œcuménique des Eglises (COE) le 31 octobre 2013, à Busan, en Corée du Sud, il a fait part de son objectif: faire disparaître la transmission du virus entre la mère et l’enfant d’ici 2015.

«Actuellement, 10 millions de personnes suivent un traitement contre l’infection du virus de l’immunodéficience humaine (VIH)», lâche Michel Sidibé, directeur exécutif du programme de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui lutte contre la pandémie du sida (Onusida). «Alors que personne n’y croyait, nous avons pu offrir un traitement à des personnes défavorisées qui semblaient condamnées», ajoute-t-il.

Les progrès de la médecine ont permis de diminuer drastiquement le coût du traitement. Il y a douze ans, il coûtait 15 000 dollars pour une personne par année. Actuellement, grâce aux médicaments génériques, le prix s’élève à 80 dollars par personne et par an. «De plus la solidarité avec les églises et les communautés a permis d’atteindre les personnes malades où elles étaient, dans leur propre village».

Les nouvelles infections et le taux de mortalité ont considérablement diminué en Afrique. «Grâce à la prévention, les jeunes ont changé leur comportement et ont adopté une sexualité responsable», explique le Malien Michel Sidibé.

La lutte doit continuer

Bien que le taux d’infection ait diminué, 1,7 millions de personnes meurent encore chaque année du sida. Et 8 millions attendent un traitement. De plus, une recrudescence du virus est apparue parmi les toxicomanes et les prostituées.

«Ces personnes marginalisées par la société ne savent pas vers qui se tourner, seules les Eglises peuvent les aider. C’est pourquoi je sollicite l’assemblée afin que les plus vulnérables puissent sortir du silence et avoir accès à un traitement».

Actuellement, plus de 41 pays interdisent la libre circulation de leurs citoyens atteints du VIH. D’ici 2015, Michel Sidibé espère éradiquer la transmission du VIH entre les mères et leurs enfants. (apic/com/cw)

Encadré:

Initiative œcuménique de lutte contre le sida en Afrique (EHAIA)

L’initiative œcuménique de lutte contre le sida en Afrique (EHAIA) a été lancée en 2002 pour permettre aux Eglises d’Afrique d’avoir accès à l’information, à la formation, à la documentation, et d’entrer en contact avec d’autres Eglises et organismes travaillant dans le même domaine pour les aider à s’occuper du sida dans leur milieu.

Etant à l’origine une «initiative œcuménique», EHAIA a touché environ 9000 participants au cours des quatre premières années.Dans les rapports de ces réunions, on peut lire des récits émouvants relatant l’amélioration de la compréhension, et la façon dont des Eglises et des individus ont changé d’attitude vis-à-vis des personnes séropositives.

Le projet donne maintenant une dimension oecuménique aux programmes de soins, d’éducation et de prise en charge des Eglises. Il s’efforce d’aider les Eglises et les organisations qui leur sont rattachées à atteindre des niveaux professionnels pour ce qui est de l’efficacité, de la coordination, de l’acquisition de capacités et de communication dans toutes les activités relatives au VIH.

Une coordinatrice de projet et une assistante travaillant au COE à Genève, cinq bureaux régionaux avec leurs consultants, ainsi que deux consultants théologiques travaillent sur le projet, sous la direction d’un groupes de référence international et de groupes de référence régionaux, et en collaboration avec la Conférence des Eglises de toute l’Afrique, des associations d’Eglises sous-régionales, des conseils nationaux d’Eglises et des associations de personnes vivant avec le VIH.

L’EHAIA organise des ateliers et des programmes de formation, répond à des demandes de conseil individuelles de la part des Eglises sur l’évolution de la politique de l’Eglise en matière de VIH, la formation pastorale et le soutien à des projets de programmes, et diffuse des informations et du matériel de documentation dans les régions ainsi que par l’intermédiaire d’un site web et d’un bulletin d’information électronique.

31 octobre 2013 | 16:25
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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