Pessimisme mesuré de Mgr Jin Luxian (160594)
Shanghaï: l’Eglise de Chine souffre d’une grave pénurie de prêtres
Shanghaï, 16mai(APIC) Mgr Aloysius Jin Luxian, jésuite, évêque de Shanghaï approuvé par le gouvernement, constate et déplore que la Chine souffre
d’une grave pénurie de prêtres.
Participant récemment à une rencontre organisée à Hong Kong par l’Alliance biblique universelle, Mgr Jin Luxian a déclaré ne pas connaître le
nombre des catholiques chinois, qu’ils appartiennent à l’Eglise «ouverte»
reconnue par le gouvernement ou à l’Eglise «clandestine», opposée à toute
collaboration avec lui. L’évêque de Shanghaï situe néanmoins ce nombre aux
alentours de six millions, en comptant comme catholiques les baptisés qui
fréquentent régulièrement l’église.
Au service de ces fidèles, il y a un millier de prêtres. Le chiffre
était le même il y a une douzaine d’années, mais, fait remarquer Mgr Jin
Luxian, l’âge moyen a beaucoup baissé. «Quand je suis sorti de prison en
1982, les mille prêtres de Chine étaient tous âgés. La moitié d’entre eux
sont morts. Aux 500 prêtres très âgés qui restent s’ajoutent aujourd’hui un
peu plus de 500 prêtres jeunes».
Selon lui, le diocèse de Shanghaï compte 155’000 catholiques et a ouvert
63 églises. Mais le diocèse ne dispose que de 26 prêtres, dont 5 ont plus
de 80 ans et 5 seulement moins de 60. S’ajoute à cet effectif 8 prêtres venus d’autres diocèses pour animer le séminaire régional de Sheshan, proche
de Shanghaï. «D’ici 3 ans, ajoute-t-il, 15 élèves de ce séminaire seront
ordonnés pour mon diocèse, si bien que mon successeur aura plus de prêtres
que moi». En plus des étudiants de Sheshan, Mgr Jin Luxian compte aussi sur
les laïcs et les séminaristes envoyés étudier en France, en Allemagne et
aux Etats-Unis.
«Il nous reste environ 70 soeurs âgées dont nous avons la charge. A peine une poignée d’entre elles sont encore capables de travailler. Les autres
ne peuvent plus que prier pour nous. Nous avons rouvert le noviciat il y a
9 ans. Il y a maintenant 80 postulantes. Plus tard j’en admettrai davantage».
L’évêque déplore que les jeunes de Shanghaï aujourd’hui ne songent guère
à une vocation religieuse. «Il y a si peu de vocations dans mon diocèse que
je demande aux autres évêques de m’envoyer des jeunes gens et des jeunes
filles en renfort». Une cinquantaine des 80 postulantes viennent d’autres
diocèses. (apic/eda/pr)



