Pour un partage de l’eucharistie entre les Eglises
Sibiu: Ouverture du 3ème Rassemblement OEcuménique Européen
Sibiu, 5 septembre 2007 (Apic) L’évêque luthérien allemand Wolfgang Huber a demandé d’intensifier les efforts pour permettre aux chrétiens de toutes les Eglises de partager l’Eucharistie ensemble. Il s’est exprimé ainsi lors du troisième Rassemblement oecuménique européen, à Sibiu (Roumanie), qui rassemble plus de 2’500 participants de toute l’Europe et des principales traditions chrétiennes du continent.
«Nous ne devons pas réduire nos efforts pour trouver une solution à cette question», a affirmé le 5 septembre l’évêque Wolfgang Huber, dans une déclaration reprise par l’agence oecuménique ENI. «Partout où il y a des gens qui appartiennent à des Eglises différentes au sein d’une même famille ou d’une communauté spirituelle oecuménique, ou qui ont été liés à des membres d’autres Eglises chrétiennes par la vie ou le travail, on peut voir à quel point cette question est pressante», a déclaré l’évêque Huber. Il a ensuite évoqué le récent accord conclu en Allemagne visant à officialiser la reconnaissance mutuelle du baptême entre les différentes Eglises. Cette initiative, a-t-il souligné, découlait d’une proposition avancée par le cardinal Kasper.
L’évêque Huber espère que l’accord sur le baptême permettrait de «montrer la voie vers une réponse à la question du partage de l’Eucharistie». Il a toutefois affirmé qu’une déclaration récente du Vatican, selon laquelle les dénominations protestantes ne sont pas des Eglises «au sens propre», était une entrave à la quête de l’unité chrétienne. «La compréhension mutuelle et le respect mutuel sont d’importantes conditions préalables pour le progrès de l’oecuménisme», a-t-il affirmé.
Le cardinal Kasper, chef de la délégation du Saint-Siège, a quant à lui fait savoir dans son discours que l’intention du Vatican n’était pas de «blesser ou rabaisser quiconque» avec cette déclaration. «Je sais que beaucoup de gens, notamment beaucoup de mes frères et soeurs évangéliques, ont été blessés par ceci. Cela m’a également touché. A moi aussi, cela a causé des problèmes. Car les blessures et la douleur de mes amis sont aussi mes blessures et ma douleur», a déclaré le représentant du Vatican.
Avancer dans le dialogue, la clarté et la vérité
Mais, a ajouté le cardinal Kasper, «la seule façon d’aller de l’avant est de dialoguer dans la vérité et la clarté.» Le fait qu’il ne soit pas possible pour tous les chrétiens de partager l’Eucharistie est «une offense et, pour beaucoup, un lourd fardeau», a indiqué le cardinal. «Cependant, il ne sert à rien de cacher les blessures. Nous devons les laisser ouvertes, même lorsque c’est douloureux. Seulement alors pourrons-nous les traiter et, avec l’aide de Dieu, les guérir.»
Le représentant du Saint-Siège a par ailleurs déclaré que beaucoup d’événements positifs pour l’unité chrétienne étaient intervenus ces dernières dizaines d’années. «Nous, les catholiques, avons appris des évangéliques des choses concernant la signification de la parole de Dieu ; dans le même temps, ils apprennent de nous des choses concernant la signification et la forme de la liturgie», a-t-il expliqué. «On ne peut pas penser à l’Europe sans les réformateurs ou Jean-Sébastien Bach, ou encore des témoins tels que Dietrich Bonhoeffer», théologien luthérien allemand exécuté pour son opposition à Adolf Hitler.
Témoignage des Eglises chrétiennes au monde
Pour sa part, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, a exprimé ses espoirs quant à la tenue du 3ème Rassemblement OEcuménique Européen, lors de la conférence de presse d’ouverture de cet événement. Pour le président de la Conférence des Eglises européennes (KEK), ce rassemblement de plus de 2’500 participants – dont 1’500 délégués de leurs Eglises respectives, catholiques romaines, protestantes, anglicanes, orthodoxes, vieilles catholiques – répond à l’attente d’un témoignage que les Eglises chrétiennes peuvent, ensemble, apporter au monde. Ce témoignage passe, pour le pasteur de Clermont, par des prises de positions communes sur des sujets tels que la situation des migrants en Europe et la sauvegarde de l’environnement, deux des thèmes qui seront abordés au cours des neuf forums qui rythmeront cette rencontre jusqu’au 9 septembre.
Pour le secrétaire général de la KEK, le Vénérable Colin Williams, la venue du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à Sibiu, rend compte de l’intérêt de la société civile à l’égard d’une parole chrétienne et des valeurs qui la fondent.
Interrogé sur la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, publié en juillet dernier, Mgr Aldo Giordano, secrétaire général du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE), a préféré, lui aussi, souligner le long chemin de l’oecuménisme en Europe. Le ROE3 doit être, pour lui, une étape d’approfondissement de la connaissance mutuelle des Eglises entre elles, qui puisse tenir compte des difficultés existantes.
Le Rassemblement de Sibiu est organisé par la Conférence des Eglises européennes (KEK) et le Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE). Ces deux organisations représentent la majeure partie des traditions chrétiennes d’Europe, catholique romaine, protestantes, anglicanes et orthodoxes. Ce Rassemblement fait suite à ceux de Bâle (Suisse), en 1989, et de Graz (Autriche), en 1997. (apic/eni/com/bb)




