L’évêque de Messine a tenu à le rencontrer personnellement

Sicile: L’Eglise demande pardon à un enfant trisomique interdit de première communion

Rome, 29 mars 2000 (APIC) «On ne jette pas le pain des enfants aux chiens», telle est la formule utilisée dimanche 26 mars par le vieux curé sicilien (80 ans) de Venetico Marina, dans le diocèse de Messine, pour expliquer aux enfants du catéchisme qu’il ne pouvait confesser l’un d’eux, un trisomique de 11 ans, qui ne peut donc pas faire sa première communion. L’enfant n’a pas sans doute pas compris. Mais l’affaire a indigné les paroissiens, qui ont une affection particulière pour le petit Pieruccio.

L’histoire est parvenue aux oreilles de l’évêque de Messine, Mgr Giovanni Marra, qui, sans hésiter, s’est rendu dans le village et a proposé de confesser l’enfant. Il est allé chez lui, l’a embrassé et lui a offert un chapelet béni par le pape. «Le pape a demandé pardon au monde et moi je te demande pardon, à toi, a-t-il déclaré. Je te demande pardon au nom de toute l’Eglise».

Pieruccio recevra tout de même la première communion

Pieruccio recevra la première communion avec ses compagnons le 28 mai prochain. Les parents de l’enfant l’avaient déjà inscrit l’an passé au catéchisme et, au dernier moment, le prêtre avait déclaré qu’il ne pourrait pas recevoir la première communion. Les parents n’avaient pas voulu crier au scandale. Mais cette fois, ce sont les paroissiens qui ont décidé d’exprimer leur indignation, et l’évêque a réagi immédiatement. «Le vieux prêtre voulait peut-être seulement que l’enfant mûrisse et qu’il prenne encore un peu de temps pour se préparer», a réagi Mgr Alessandro Maggiolini, évêque de Côme.

Mais Mgr Marra a très bien fait de demander pardon et de confesser l’enfant. Les enfants trisomiques ont une très grande sensibilité. Ils sont parfaitement capables de comprendre et donc de recevoir les sacrements. «Si un enfant n’est pas capable de comprendre, il est inutile de lui donner le sacrement de la confession, a encore expliqué Mgr Maggiolini. S’il n’est pas capable de comprendre, il ne peut même pas pécher et il conserve donc la grâce du baptême. Mais ce n’est pas le cas de Pieruccio qui s’était intégré parmi ses compagnons, qui comprenait ce qu’il faisait et avait une intuition de la valeur de ses actes. Il comprenait en somme si ce qu’il faisait était bien ou mal.» (apic/cip/mk)

29 mars 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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