Sierra Leone: Missionnaire italien enlevé par les rebelles du RUF

Les rebelles pourraient s’en servir comme «monnaie d’échange»

Freetown, 17 novembre 1998 (APIC) Le Père Mario Guerra, 64 ans, missionnaire italien originaire de Reggio Emilia, et un jeune Sierraléonien ont été enlevés par des rebelles du Front Uni Révolutionnaire (Ruf), dans la nuit du 15 au 16 novembre dans une mission catholique, à Kamalu (diocèse de Makeni), un village du nord du pays. Aucune revendication n’a pour l’heure été formuilée.

Le Père Guerra se trouve en Sierra Leone depuis 1963, hormis une interruption entre 1982 et 1988. Selon une dépêche de l’Agence Fides, mardi 17 novembre, le jeune homme enlevé en même temps que le missionnaire a été libéré. Il est retourné immédiatement à la mission, pour porter un message des rebelles affirmant que le missionnaire est en bonne santé et qu’il ne court aucun danger.

Selon Radio Vatican les auteurs de l’enlèvement pourraient être des soldats putchistes du Front Uni Révolutionnaire (Revolutionary Union Front), mis en déroute en février 1998 par la force d’intervention interafricaine de paix, l’Ecomog, sous commandement nigérian.

Le RUF et le Conseil des Forces Révolutionnaires armées (RFC, Armed Revolutionary Forces Council) ont déposé le président Ahamad Tejan Kabbah en mai 1997. Ce coup d’Etat a déclenché l’intervention de l’Ecomog, qui a remis en place le régime du président en février dernier.

L’une des hypothèses avancées par Fides est que le RUF compte échanger la liberté du Père Guerra contre la libération de Foley Sanko, leader du RUF, actuellement détenu à Freetown et condamné à mort. Une source catholique locale a confié au quotidien italien «L’Avvenire», qu’il ne faudrait pas se servir des missionnaires comme d’une «monnaie d’échange». Les bandits, précise cette même source, ne doivent pas s’attendre à ce que l’Eglise «traite» avec eux. (apic/fides/pr)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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