70 ans d’âge, 45 ans de sacerdoce et 25 ans d’épiscopat
Sion: Le cardinal Henri Schwery, ancien évêque de Sion, fête un triple anniversaire
Sion, 13 juin 2002 (APIC) Le cardinal Henri Schwery, ancien évêque de Sion, fête cette année un triple anniversaire: 70 ans d’âge, 45 ans de sacerdoce et 25 ans d’épiscopat. L’ancien évêque de Sion, qui a quitté sa charge pour raisons de santé en 1995, aura 70 ans vendredi prochain 14 juin.
Les Valaisans fêteront cet automne leur compatriote, qui occupe d’importantes fonctions au Vatican. Le cardinal Schwery, ancien «évêque des médias» au sein de la Conférence des évêques suisses, est en effet membre de la Congrégation romaine pour les causes des saints et du Conseil pontifical pour les communications sociales.
Valaisan jusqu’au bout des cheveux
L’évêque émérite de Sion a également été membre de la Commission cardinalice de 15 membres pour l’étude des problèmes relatifs à l’organisation et aux questions économiques du Saint- Siège et il conserve toujours dans son coeur une place pour la Garde suisse au Vatican. Chanoine d’honneur de l’Abbaye de Saint-Maurice, il est également Grand Prieur de la Lieutenance Suisse et chevalier de Grande Croix de l’Ordre équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem.
«Valaisan jusqu’au bout des cheveux avant d’être suisse», le caractère bien trempé Mgr Schwery est très attaché à son terroir et aux rudesses de ses montagnes. Il est tour à tour apprécié ou craint pour son franc parler. Certes, depuis son retrait du siège de Sion, le cardinal Schwery est peu présent dans les médias suisses, ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas actif sur la scène catholique suisse: il accompagne des pèlerinages, donne des conférences – récemment sur l’élection du pape – et préside des célébrations eucharistiques.
Des positions profilées
La discrétion des médias à son égard n’empêche pas le cardinal valaisan d’exprimer ses prises de position haut et fort, quand il estime devoir intervenir. Il n’a jamais hésité à prendre la parole sur des questions politiques ou de société comme la dépénalisation de l’avortement ou la génétique, le droit pénal en matière sexuelle, le service civil ou la politique en matière de drogue (il a soutenu l’initiative populaire «Jeunesse sans drogue».)
Ses déclarations à propos de la politique ecclésiale, à l’occasion du transfert de Mgr Wolfgang Haas, l’évêque contesté de Coire, sur le siège de Vaduz, ne sont pas passées inaperçues. Très critique à l’égard de certaines évolutions dans le catholicisme en Suisse alémanique, en particulier dans le diocèse de Bâle, il avait repris des propos de l’ancien évêque de Bâle, Mgr Otto Wüst, qui parlait d’une situation «au bord d’un schisme». Il avait déclaré en 1999 à l’issue d’un exposé à Einsiedeln que les évêques suisses n’intervenaient pas toujours avec assez de courage. Il avait exprimé le souhait que les évêques de Suisse alémanique fassent bloc autour de l’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, sinon ce dernier allait être «démoli» par certains milieux. «Il est urgent d’aider nos frères catholiques de Suisse alémanique à vivre une Eglise qui ne soit pas deux camps retranchés. Il y a tellement d’abus d’un côté que ceux qui sont excédés de l’autre côté montent aux barricades», avait-il alors déclaré à l’APIC.
Dans sa conception de l’Eglise, Mgr Schwery insiste sur la comparaison avec la famille – lui qui est né au sein d’une famille de neuf frères et soeurs: «L’Eglise est pour moi une famille. Avant que l’on critique sa mère, on doit se souvenir qu’elle est la mère. Je sais que ma mère peut faire des fautes, qu’elle n’est pas parfaite, mais elle est ma mère et on doit l’aimer!»
Interrogé par l’agence APIC peu après sa nomination à la pourpre cardinalice, Mgr Schwery avait déclaré: «Plutôt qu’une récompense pour ses propres mérites, il faut voir dans cette nomination un signe public de la confiance du pape dans les évêques suisses, une preuve que le courant passe toujours entre Rome et la Suisse». JB
Encadré
Mgr Schwery, sixième cardinal suisse de l’histoire
L’élévation au cardinalat de Mgr Henri Schwery lors du Consistoire du 28 juin 1991 a fait de celui-ci le sixième cardinal suisse de l’histoire et le second évêque de Sion à être élevé à cette dignité. Mgr Schwery a présidé la Conférence des évêques suisses (CES) de 1983 à 1988. Il a été membre de la Congrégation pour l’éducation catholique de 1978 à 1983. L’Eglise de Suisse a compté, outre Mathieu Schiner au début du XVIe siècle et Mgr Schwery, cinq autres cardinaux: Gaspard Mermillod, vicaire apostolique de Genève et évêque de Lausanne au XIXème siècle; Charles Journet, créé cardinal en 1965; Benno Gut, abbé bénédictin d’Einsiedeln, créé cardinal en 1967; le théologien Hans Urs von Balthasar, nommé cardinal le 29 mai 1988, décédé le 26 juin de la même année, deux jours avant de recevoir la pourpre cardinalice, et le dernier en date, Mgr Gilberto Agustoni, qui aura 80 ans le 26 juillet prochain. Mgr Agustoni, septième cardinal de l’histoire suisse, est l’ancien préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, plus haute instance judiciaire du Vatican. Il a été créé cardinal au Consistoire du 26 novembre 1994. JB
Encadré
Une licence en mathématiques et en physique
Mgr Schwery est né le 14 juin 1932 à Saint-Léonard (Valais). Après des études primaires à Saint-Léonard et une maturité classique au Collège de Sion, il étudie la théologie au séminaire de Sion et à l’Université grégorienne à Rome. Il obtient une licence en mathématiques et en physique à l’Université de Fribourg. Ordonné prêtre le 7 juillet 1957 à Saint- Léonard, il enseigne de 1961 à 1972 la physique, les mathématiques, l’instruction religieuse, et l’histoire des sciences au Collège de Sion. Il exerce la charge de recteur de 1972 à 1977, année de son ordination épiscopale. Mgr Schwery est nommé évêque de Sion le 22 juillet 1977 et ordonné le 17 septembre de la même année. Il prend la succession de Mgr Nestor Adam, qui avait démissionné à l’âge de 75 ans. (apic/be)



