L’évêché de Sion doit quêter pour vivre

Sion: Les comptes 1999 du diocèse bouclent avec un déficit de 238’000 francs

Sion, 11 octobre 2000 (APIC) «Donnons-nous les moyens de notre pastorale». C’est par cet appel que l’évêché de Sion sensibilise les catholiques valaisans aux besoins du diocèse. Une campagne financière «dans la transparence», rendue nécessaire par les mauvais chiffres de ces dernières années, vise à augmenter le produit de la quête annuelle du 1er novembre destinée au diocèse. Cet appel fait apparaître la situation peu enviable de l’évêché de Sion: celui-ci doit quêter des fonds pour faire vivre les services diocésains, car il ne peut compter sur l’apport d’impôts ecclésiastiques.

«Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sans la participation des fidèles, le diocèse ne peut vivre», affirme le communiqué diffusé par l’évêché de Sion dans le bulletin Evangile et Mission du 11 octobre. Cet appel, auquel sont joints les comptes 1999 et le budget 2000, constitue la première étape d’une campagne de sensibilisation aux besoins du diocèse. Trois autres messages seront diffusés les semaines précédant la quête de la Toussaint.

A travers cette campagne rendue nécessaire par les mauvais chiffres de ces dernières années, l’administration de l’évêché cherche à retrouver une situation financière équilibrée, en augmentant la participation volontaire des fidèles. En 1999, les dépenses qui se montent à 2’041’000 francs n’ont pas été couvertes par les recettes, d’un montant de 1’803’000 francs. Résultat de l’opération: un déficit de 238’000 francs. «La situation ne peut pas se poursuivre», affirme l’administrateur Stéphane Vergère, interrogé mercredi par l’APIC, «Les réserves constituées en 1996 par des legs extraordinaires diminuent depuis trois ans».

Parent pauvre de l’Eglise en Valais

Le statut Eglises-Etat, adopté en Valais en 1993, fait de l’évêché le parent pauvre de l’Eglise en Valais. Il oblige pour ainsi dire l’évêque de Sion à quêter des fonds pour financer les activités diocésaines. Les paroisses, soutenues par les communes dont elles font partie, assument les salaires de leurs agents pastoraux, les frais de pastorale et l’entretien des bâtiments, mais ne contribuent pas aux tâches diocésaines, ni nationales.

Beaucoup de Valaisans croient que l’évêque encaisse de gros montants grâce au produit de «ses vignes». En réalité, souligne Stéphane Vergère, les vignobles en question appartiennent au Chapitre de la cathédrale, et les bénéfices reviennent directement aux chanoines. La seule contribution, indirecte, aux tâches de l’évêché concerne une prébende (revenu lié au titre de chanoine) accordée au vicaire général et au vicaire épiscopal, tous deux membres du Chapitre.

Campagne «dans la transparence»

Face à cette situation financière précaire, l’évêché entreprend sous l’angle de la transparence une campagne de sensibilisation qui vient de débuter par un premier appel et un envoi des comptes 1999 et du budget 2000 dans les journaux valaisans et dans la presse catholique romande. Trois autres étapes seront entreprises durant les semaines précédant la Toussaint. La prochaine portera sur la présentation des services diocésains, la suivante mettra en parallèle l’accroissement des besoins et la baisse des quêtes, la dernière phase présentera la part financière consacrée à chaque service lié à l’évêché. (apic/bb)

11 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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