Sion: Vote du 28 novembre sur les cellules-souches
«La loi franchit une ligne rouge»
Dans une contribution à la page Eglise du samedi 13 novembre à paraître dans le Nouvelliste Valaisan, Michel Salamolard, prêtre à Sierre et directeur de Paroisses Vivantes, est d’avis que la loi franchit une ligne rouge
Les cellules souches de notre organisme ont une propriété remarquable, rappelle Michel Salamolard, directeur du mensuel des paroisses catholiques de Suisse romande, Paroisses Vivantes publié par les OEuvres de Saint- Augustin, à Saint-Maurice, dans sa contribution au Nouvelliste et Feuille d’Avis du Valais du 13 novembre. Polyvalentes, elles peuvent, en se multipliant, se spécialiser pour devenir, par exemple, des cellules nerveuses, osseuses ou sanguines. Avantage: à partir de ces cellules, des tissus sains peuvent être produits, afin de traiter de nombreuses maladies. Des cellules souches existent dans le corps humain adulte. La recherche doit en être résolument encouragée, écrit le prêtre valaisan, car elle ne pose aucun problème éthique.
Mais les cellules souches les plus polyvalentes sont dans l’embryon au début de son développement et c’est d’elles qu’il s’agit dans le projet de loi, rappelle le prêtre. La loi autoriserait le prélèvement de cellules souches sur les embryons surnuméraires, embryons de quelques jours, résidus d’une fécondation in vitro. Non utilisés, ils ont été congelés. Leur développement a ainsi été stoppé, mais il est relancé si on les décongèle. «Le prélèvement de cellules sur eux entraînera leur mort. Là est toute la question», aux yeux du directeur de Paroisses Vivantes.
La loi franchit une ligne rouge
Bien que la loi soit restrictive, écrit le prêtre valaisan, «elle laisse intacte une question de fond: avons-nous le droit de manipuler et de faire mourir des embryons humains ? Sont-ils des ’personnes’ ? Ont-ils une ’âme’? Sans entrer dans le débat philosophique et religieux, constate-t-il, «il suffit de constater que tout embryon humain est le germe d’un être humain».
Malgré ses précautions, le projet de loi «franchit une ligne rouge», pour le prêtre. «Ceux qui estiment que la vie humaine mérite une protection absolue refuseront cette loi. Ils pousseront ainsi nos autorités et les chercheurs à développer des programmes d’étude et d’expérimentation à partir de cellules souches adultes», pense-t-il.
La brochure fédérale explicative est à ses yeux fallacieuse. «A la page 28, sous le titre: Une démarche éthiquement acceptable, elle dit: Puisque les embryons surnuméraires sont de toute façon condamnés à mourir, on peut envisager de prélever des cellules souches sur ces embryons pour la recherche, surtout lorsque elle a pour but de faire progresser le traitement des maladies graves». Pour le prêtre, «cet argument est inacceptable: une chose est de laisser mourir, autre chose de faire mourir. Si tout être humain, quel que soit son âge, né ou non, est de toute façon condamné à mourir, cela n’autorise personne», insiste le prêtre, «à le mettre à mort pour faire progresser la recherche».
Si cette loi était acceptée, ajoute-t-il encore, «il en résulterait une étrange situation : dans notre pays, l’être humain non né, mais bien vivant, serait moins protégé que l’être humain mort. En effet, on ne peut prélever d’organe sur un cadavre, fût-ce pour sauver une vie humaine, sans l’accord explicite ou présumé de la personne, manifesté de son vivant. L’embryon, est incapable de donner son avis. Cela ne nous décharge pas de notre responsabilité à son égard», argumente le prêtre (apic/nf/vb)



