Palestine: Le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal réconforte les paroissiens de Gaza
Six mois après la sanglante guerre, la souffrance est encore très présente
Jérusalem/Gaza, 23 décembre 2014 (Apic) La souffrance est encore bien présente à Gaza, six mois après la sanglante guerre qui a ravagé l’enclave palestinienne en juillet et août derniers, faisant plus de 2’000 morts, pour la plupart des civils, dont quelque 500 enfants. Le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal s’est rendu dans la paroisse de la Sainte Famille de Gaza le 21 décembre 2014 pour adresser ses vœux de Noël directement à la petite communauté catholique.
Les nombreuses destructions, les pénuries d’électricité et l’humidité rendent le quotidien des habitants de Gaza très difficile, note le patriarcat de Jérusalem. La visite du patriarche Fouad Twal a été embellie cette année par le chant et une reproduction de la crèche, des témoignages de vie et d’espérance des familles qui goûtent à la paix de Noël, «six mois après une guerre éprouvante».
A Gaza, la paroisse est un refuge, comme l’étable de Bethléem
«A ce titre, note le patriarcat latin de Jérusalem, la paroisse est un refuge, comme une étable à Bethléem a su l’être pour la naissance d’un enfant. C’est de cette étable que le monde a reçu la joie de l’espérance. C’est de la paroisse de Gaza en fête que cette espérance peut renaître».
Après la messe présidée par le patriarche latin et l’inauguration d’une école de musique financée par la Caritas et imaginée en collaboration avec le Père Jorge Hernandez, curé de la paroisse catholique latine de Gaza, Mgr Twal a pris le temps de saluer les paroissiens venus nombreux avec leurs enfants.
Une crèche vivante
Dans un autre coin, au théâtre, l’atmosphère est tendue: enfants et parents de la paroisse ont préparé ensemble, pour le patriarche, une crèche vivante. Il faut que chaque détail soit prêt pour la présentation, écrit Pierre Loup de Raucourt sur le site internet du Patriarcat latin de Jérusalem (Cf. fr.lpj.org). Des semaines de travail, la patience et le courage des parents et des enfants ont été nécessaires pour construire le spectacle. Il faut que chaque détail soit prêt pour la présentation. La musique résonne dans la salle comble. Les parents regardent avec émotion leurs enfants qui rappellent le mystère de la Nativité sur la voix d’un narrateur. Les costumes sont travaillés et fournis: petites tenues de bédouins, ailes pour les anges, couronnes des Rois Mages… Rien n’a été omis, même pas le petit bébé, choisi dans la communauté, qui gigotait comme Jésus il y a 2000 ans.
Premier spectateur, Mgr Twal revit ainsi ce moment. «J’ai senti que tout était petit: le public, le petit nombre de scouts, de jeunes. Mais c’était comme Noël: simple, petit, pauvre et vraiment joyeux».
Les chrétiens de Gaza ne perdent jamais l’espoir d’un avenir meilleur
Les chrétiens de Gaza ne cessent de surprendre les personnes qui ont la possibilité de leur rendre visite, note pour sa part Andres Bergamini sur le site du Patriarcat latin. «Ils parviennent à sortir à chaque fois un lapin de leur chapeau, et ils ne perdent jamais l’espoir d’un avenir meilleur».
Cadeau de Noël de la Caritas Jérusalem pour les enfants de l’école et de la paroisse de la Sainte Famille, le projet de l’école de musique a été rendu possible grâce à la contribution du Rotary International, district 2032 en Italie.
La nouvelle salle de musique est meublée et enrichie de nombreux nouveaux instruments: guitares, pianos, trompettes, violons, oud, flûtes, cornemuses, tambours. Et Andres Bergamini de souligner que la musique est «une matière difficile mais divine qui ouvre les cœurs et élève l’esprit de ceux qui la pratiquent et de ceux qui l’écoutent. Et ici, à Gaza, la population en a tellement besoin !» (apic/lpj/be)



