Témoignage de l’évêque auxiliaire de Djakovo

Slavonie: L’Eglise catholique entend travailler à la réconciliation dans une région meurtrie

Königstein, 26 février 1998 (APIC) Le retour des réfugiés dans l’est de la Slavonie, à Srijem et dans la Baranya, restituées à la Croatie à la mi-janvier après avoir été sous contrôle serbe pendant cinq ans, place l’Eglise catholique devant des tâches nouvelles, dont la réconciliation est la plus urgente et surtout la plus délicate. C’est ce qu’a expliqué Mgr Djuro Gasparovich, consacré évêque auxiliaire de Djakovo (Croatie) le 20 janvier, en visite à l’Aide à l’Eglise en Détresse à Königstein (Allemagne), dans l’espoir d’obtenir des aides financières et matérielles pour son diocèse.

Le diocèse de Djakovo est situé dans l’est de la Slavonie, une région qui non seulement a été dévastée en grande partie pendant la guerre en ex-Yougoslavie, mais se trouve confrontée à un vaste problème de réfugiés. Jusqu’à la restitution à la Croatie, cette région, Srijem et la Baranya sont restées aux mains des Serbes. Les Croates ne pouvaient y entrer et ignoraient tout du sort de la population restée sur place. Aujourd’hui, c’est différent. La hiérarchie ecclésiastique et les réfugiés qui avaient été forcés de fuir il y a six ans sont heureux de pouvoir rentrer chez eux. Du point de vue des autorités de l’Eglise, ce retour est important aussi afin de s’occuper des réfugiés rentrants, de les consoler et de les aider.

Des tâches nouvelles attendent l’Eglise

Ces six dernières années, la tâche principale de l’Eglise a été d’assister et de conseiller les réfugiés en Croatie, sur les côtes de l’Adriatique et aussi en Hongrie, où d’importants groupes avaient trouvé refuge. Maintenant que les réfugiés rentrent chez eux, des tâches nouvelles l’attendent. Au moment où la population revient, la création d’emplois est le plus grand défi. Car, au lendemain de la guerre, la situation économique de la Croatie est loin d’être brillante. C’est surtout le cas dans les territoires occupés, où toute l’industrie et l’infrastructure ont été détruites. Les évêques désirent aussi visiter les paroisses occupées, afin d’aider ceux qui étaient restés sur place, ce qui n’était pas possible jusqu’à présent.

La réconciliation, un devoir

Vicaire-général de Djakovo, Mgr Gasparovich a récemment été chargé aussi de l’aide aux réfugiés. Pour pouvoir répondre à leurs énormes besoins matériels, il est aussi représentant de Caritas, avec mission de trouver des bienfaiteurs à l’étranger.

Malgré les horreurs de la guerre, il va falloir surtout travailler à la réconciliation. «Tout au long des six dernières années, les évêques aussi bien catholiques qu’orthodoxes ont incité toutes les parties à arrêter la guerre et prêché la paix et la réconciliation», note Mgr Gasparovich. Les autorités locales ont elles aussi incité les évêques à se rencontrer et à discuter des projets d’avenir, en insistant sur le fait que promouvoir la paix n’est pas la responsabilité des seuls hommes politiques. Mais la réconciliation n’est pas chose facile, spécialement pour ceux qui ont tant souffert. «Bien des gens se demandent pourquoi ils devraient faire un quelconque effort pour pardonner à leurs agresseurs, avoue l’évêque auxiliaire de Djakovo. Ces processus sont en effet fort difficiles. Mais l’Eglise se rend compte de leur nécessité et de son devoir de les promouvoir en se basant sur l’Evangile. (apic/cip/ba)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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