Des détournements de fonds de plusieurs millions de francs
Slovaquie: De graves accusations à l’égard de l’archevêque Jan Sokol
Bratislava, 29 mai 2009 (Apic) La Conférence épiscopale de Slovaquie a donné suite à des accusations de détournement de fonds à l’égard de l’ancien archevêque de Trnava, Mgr Jan Sokol. L’attaché de presse des évêques, Jozef Kovacik, a confirmé le 27 mai qu’il s’agissait «d’informations très graves».
Si ces accusations étaient confirmées, cela constituerait «une faute considérable de la part de Sokol», a affirmé Jozef Kovacik à l’agence de presse slovaque Sita et au journal de boulevard «Plus jeden den». Les autorités compétentes de l’Eglise, autant en Slovaquie qu’au Vatican, traitent actuellement cette affaire.
Selon les informations livrées par la pesse slovaque, l’archevêque Sokol a fait parvenir en 1988 un montant de 500 millions de couronnes (25 millions de francs) à Stefan Nahlik, un ancien agent des services secrets communistes (StB) devenu collaborateur de l’Eglise catholique, comme chef des finances dans le diocèse de Mgr Sokol. Après un versement de cette somme en cinq tranches, Stefan Nahlik se serait enfui au Canada.
Stefan Nahlik a été servant de messe chez Jan Sokol, alors chapelain dans une paroisse de Bratislava. Par la suite, il a joué un rôle clé dans la liquidation de l’ordre des franciscains opérant clandestinement, menée par les services secrets.
Vente de parcelles de l’Eglise
Les actions secrètes menées par Nahilik, selon «L’Institut de la Mémoire Nationale en Slovaquie (UPN)», étaient désignées par le nom d’emprunt «Reholnik» (religieux) en avril 1982, puis par le terme «Rubens» en octobre de la même année. Selon l’hebdomadaire «Tyzden», qui se base sur des témoignages anonymes, l’archevêque Sokol a assemblé la somme transmise à Nahilik en vendant des parcelles appartenant à l’Eglise et en puisant sur un compte privé. Parmi les terrains vendus figue notamment celui qui a permis la construction du Centre commercial Tesco à Bratislava. Il y a dix ans, la police avait enquêté sur ces transactions douteuses mais la procédure avait été abandonnée pour des raisons inconnues.
L’archevêque Sokol, dont le retrait pour raison d’âge a été accepté par le pape en avril dernier, mais qui reste à la tête de l’archidiocèse de Trnava comme administrateur jusqu’à l’installation de son successeur le 6 juin, a rejeté les accusations de détournement de fonds portées contre lui. En février 2007, il admettait pour la première fois ses liens entretenus durant le régime communiste avec la police secrète, tout en précisant qu’il avait agi «sous la contrainte». Le prélat a affirmé avoir toujours défendu les intérêts de l’Eglise. (apic/kp/job/bb)



