Demande de pardon pour la persécution des juifs
Slovaquie: Déclaration des évêques catholiques sur l’holocauste
Bratislava, 31 mars 1998 (APIC) Après leurs confrères allemands et français, les évêques catholiques de Slovaquie ont publié une déclaration de repentance pour l’attitude de l’Eglise dans la persécutions des juifs. Des membres de la nation slovaque ont collaboré activement à la déportation, beaucoup d’autres se sont tus, déplorent les évêques.
Cette demande de pardon est un premier pas, relèvent les évêques qui encouragent une «recherche objective et sans préjugés» sur l’histoire des juifs et des persécutions en Slovaquie. L’épiscopat appelle en outre tous les catholiques et tous les citoyens à dépasser les condamnations arbitraires du peuple juif. Quelques jours après le document du Vatican sur la Shoah, les évêques slovaques évoquent la «blessure douloureuse» de l’holocauste. Près de 90’000 juifs vivaient en Slovaqui avant la guerre, presque toutes les villes possédent encore aujourd’hui des synagogues; des rues et des quartiers portent des noms juifs. Les bâtiments sont toujours là, les hommes ont disparu, remarque la déclaration. L’Eglise catholique tout comme l’Etat slovaque aujourd’hui indépendant doivent se construire sur des bases solides. Une recherche objective sur le sort de la population juive du pays est nécessaire.
Intervention inutile du nonce apostolique
La déclaration des évêques n’entre cependant pas dans les questions historiques concrètes notamment sur le rôle de Mgr Jozef Tiso, prêtre catholique et président de l’Etat national slovaque satellite du régime hitlérien de 1939 à 1945. Dès 1939, les juifs furent exclus de la vie politique, économique, sociale et culturelle. La déportation commença en 1942. La majeure partie de la population juive fut alors envoyée dans les camps de concentration. Seul un très petit nombre a survécu. Ils n’étaient plus que 3’000 en Tchécoslovaquie en 1945.
La déportation eut lieu sous la pression de Berlin, mais sans la participation des soldats allemands puisque la Slovaquie n’était pas occupée. En outre le régime basait son programme sur les valeurs chrétiennes et près d’un quart des députés au parlement étaient des prêtres. Le nonce apostolique à Bratislava était intervenu plusieurs fois pour faire cesser les déportations. Dans une lettre au pape, Tiso avait promis une protection pour les juifs, mais les déportations ont continué.
Sous le régime stalinien même durant les années 50 de nombreux procès eurent un caractère nettement antisémite.
La Conférence des évêques de Tchécoslovaquie avait déjà formulé en 1990 deux prises de positions dans lesquelles elle déplorait les persécutions des juifs et dénonçait toute forme d’antisémitisme.
En Croatie aussi
«Glas Koncila», l’organe de la Conférence des évêques de Croatie, revient lui aussi largement sur le document du Vatican sur la Shoah. A l’instar de la Slovaquie, la Croatie était durant la guerre un Etat fasciste satellite des nazis. «Nous reconnaissons que beaucoup de catholiques sont restés passifs alors qu’il était nécessaire de résister aux violences des nazis envers les juifs», écrit l’éditorialiste. L’Eglise catholique romaine doit maintenant parler de manière plus décisive et plus forte. Avant et pendant la deuxième guerre mondiale, la Croatie fut au centre du conflit entre le nazisme et le bolchevisme. Les combattants pour l’indépendance se retrouvèrent dans les deux camps, les oustachis alliés avec Hitler et les partisans alliés avec Staline. (apic/kap/ika/mp)



