Actif dans l’Eglise clandestine

Slovaquie: Le cardinal Korec innocente l’archevêque Sokol des accusations de collabo

Bratislava, 17 janvier 2007 (Apic) L’Eglise catholique en Slovaquie réaffirme l’innocence de l’archevêque de Bratislava-Trnava, Mgr Jan Sokol, accusé d’avoir collaboré avec le régime communiste. Parmi ses défenseurs figurent le cardinal Jan Korec et l’historien Jozef Halko. Ils affirment que le prélat était actif dans l’Eglise clandestine.

C’est dans la mouvance de la démission de l’archevêque de Varsovie, Mgr Stanislaw Wielgus, que la presse slovaque est récemment revenue à la charge, accusant Mgr Sokol d’avoir été un mouchard au service de la police secrète communiste.

Lors d’une conférence de presse tenue à Bratislava, le secrétaire de Mgr Sokol, Tibor Hajdu, et l’historien de l’Eglise Jozef Halko ont présenté des document certifiant que les autorités politique de l’époque considéraient Sokol comme «Persona non grata». Il est cependant vrai qu’auparavant, elles l’avaient enregistré de 1973 à 1988 comme «candidat à la collaboration secrète» et depuis août 1989 comme «agent».

Ces documents ont cependant tous été annulés après la Révolution de velours. L’origine de l’accusation de collaboration semble provenir de renseignements transmis au gouvernement par le prêtre Marian Prachar, auquel Jan Sokol avait livré de sa propre initiative des informations.

Lors de la conférence de presse, Mgr Sokol a clamé son innocence sur une bande d’enregistrement. Le prélat est actuellement hospitalisé à Vienne pour une opération à un genou. Dans deux semaines, il pourra donner des explications de vive voix aux médias.

Dans les Eglises officielle et clandestine

Dans un autre document sonore, le cardinal Korec a expliqué que Jan Sokol était en même temps en activité en pastorale officielle et dans l’Eglise clandestine. L’historien Jozef Halko a également présenté documents innocentant l’archevêque Bratislava-Trnava, notamment une déclaration de l’abbé Ladislav Ceri, ancien chancelier de l’évêché de Trnava. Selon ce dernier, lors du décès de l’évêque Julius Gabris, en 1987, la candidature de Jan Sokol avait été écartée par le gouvernement, alors qu’elle était agréée autant par le Conseil épiscopal que par le Saint-Siège. De même, Vincent Macovsky, ancien directeur du secrétariat des Eglises de la République socialiste slovaque, a attesté que Sokol n’entrait pas en ligne de compte pour des hautes responsabilités en raison de son activité dans l’Eglise clandestine. Le fait qu’il ait cependant été nommé en 1987 administrateur, puis en 1989 archevêque n’est pas lié à une activité de collaborateur. Cela est davantage lié, selon Jozef Halko, au fait que dans plusieurs cercles du pouvoir on comptait déjà sur la fin du régime communiste.

Soutien au régime fasciste

L’archevêque Sokol avait provoqué de vives réactions notamment dans les milieux juifs par ses déclarations sur le pouvoir fasciste slovaque durant la Deuxième guerre mondiale. Le régime totalitaire du président Tiso (1887-1947) était une «période de bien-être», a-t-il déclaré dans une interview à la TV. «Rien ne nous manquait, bien qu’il y ait la guerre». Le comité central des juifs de Slovaquie a jugé ces propos «inacceptables» et les a qualifiés d’atteinte aux victimes de l’holocauste. Le président de l’association des communautés roms de Slovaquie, Ladislav Richter, a jugé les paroles de Sokol «cyniques» dans une lettre ouverte. (apic/kp/gs/bb)

17 janvier 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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