En cause: un traité avec le Saint-Siège
Slovaquie: Le projet de concordat avec le Vatican déclenche une crise gouvernementale
Rome, 7 février 2006 (Apic) Le futur accord concordataire, en pourparlers depuis 2003, entre le Saint-Siège et la République slovaque a déclenché une crise au sein du gouvernement à Bratislava. «L’objection de conscience religieuse» dont traite cet accord bilatéral est à l’origine de cette crise.
Le Premier ministre slovaque Mikulas Dzurinda a proposé mardi la tenue d’élections législatives anticipées pour trouver une issue à la crise provoquée par l’éclatement de sa coalition gouvernementale. Les élections pourraient avoir lieu au mois de juin, soit trois mois avant l’échéance normale.
La coalition de centre droit du Premier ministre Mikulas Dzurinda risque de se désagréger devant les critiques sur le futur traité avec le Vatican. Le 6 février au soir, les ministres démocrates-chrétiens ont annoncé qu’ils quittaient le gouvernement devant le refus du Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères, Eduard Kukan, de souscrire à l’ensemble du futur traité.
Un comité de juristes de la Commission européenne, le Réseau européen d’experts indépendants en matière de droits fondamentaux, avait aussi critiqué ce futur accord concordataire, en janvier dernier. Dans un rapport de 41 pages, il mettait particulièrement en cause le droit à «l’objection de conscience religieuse» notamment en matière d’avortement.
Le comité estimait que l’accord allait contre le droit européen et pouvait «mener l’Etat à violer ses engagements» en matière internationale, en particulier en ce qui concerne le droit des femmes et leur discrimination.
Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, avait quant à lui affirmé en novembre 2005 que le Vatican souhaitait la finalisation rapide de deux accords avec la République slovaque, l’un sur le droit à l’objection de conscience, l’autre sur le financement de l’Eglise catholique.
Coalition en éclat
Le Saint-Siège et la République slovaque (qui compte 70 % de catholiques) ont signé le 24 novembre 2000 un «accord fondamental» réglementant la position juridique de l’Eglise catholique et de ses institutions, et assurant sa liberté notamment en matière de culte, de gouvernement pastoral et d’enseignement religieux. Depuis, les deux parties ont signé un accord sur «l’assistance religieuse aux fidèles catholiques dans les forces armées» en août 2002, et un autre sur l’éducation catholique en juillet 2004.
Pour que le parlement, qui ne compte qu’une seule chambre, décide d’organiser des élections anticipées, une majorité de 90 députés sur 150 doit être réunie. Des quatre partis de droite et de centre-droite ayant formé une coalition pro-européenne après leur victoire dans le scrutin de septembre 2002, il n’en reste plus que deux autour du Premier ministre Dzurinda.
Le parti chrétien-démocrate KDH, l’un des quatre partis de la coalition qui a participé à la réforme de la Slovaquie depuis quatre ans, a décidé mardi d’entrer dans l’opposition après le refus du Premier ministre d’adopter dans la législation slovaque une clause de conscience pour les catholiques, prévue dans un traité avec le Vatican. (apic/ag/imedia/hy/pr)



