Sœur Marie-Rose Genoud en soutien à Exit

Valais: La religieuse lauréate du «Prix Courage» 2009 défend le suicide assisté

Sion/Zurich, 6 juillet 2014 (Apic) «Je soutiens toute personne qui, après mûre réflexion et en toute connaissance de cause, choisit de mettre fin à sa vie», a déclaré Soeur Marie-Rose Genoud dans l’hebdomadaire alémanique «Schweiz am Sonntag» du 6 juillet 2014. La religieuse ursuline valaisanne a remporté le «Prix Courage», décerné par le magazine zurichois «Beobachter», en 2009, pour son combat en faveur des requérants d’asile.

Pour la religieuse de 75 ans, les organisations de suicide assisté telles qu’Exit répondent à une attente légitime de la population. Sœur Marie-Rose Genoud a assuré qu’elle aimait son Eglise et que cette dernière devait faire connaître sa position à la société. «Mais l’Eglise devrait aussi reconnaître les faits de société, voir les signes des temps, et surtout reconnaître que la volonté personnelle compte», a déclaré la religieuse. Selon elle, «Dieu est pour la liberté».

Réactions de l’Eglise

Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, a rappelé au journal alémanique que l’enseignement de l’Eglise catholique à propos du suicide assisté est clair et que les déclarations de Sœur Marie-Rose Genoud n’y sont pas conformes. L’évêque a affirmé qu’un dialogue sera recherché avec la religieuse, pour savoir tout d’abord quelles motivations l’ont poussée à s’exprimer publiquement sur un sujet si délicat. L’objectif étant de procéder à un échange d’idées et non d’appliquer d’éventuelles sanctions.

La Conférence des évêques suisses (CES) a également réagi aux propos de la religieuse. «Il s’agit d’une position nouvelle au sein de l’Eglise. Bien que je ne la partage pas, elle montre qu’un débat sur le sujet est nécessaire, également à l’intérieur de l’Eglise», a déclaré au «Schweiz am Sonntag» Simon Spengler, porte-parole de la CES.

Un combat pour les requérants spoliés

Soeur Marie-Rose Genoud, domiciliée au couvent de Sion, a reçu en 2009 le «Prix Courage» pour «sa lutte acharnée et couronnée de succès contre la bureaucratie valaisanne», qui retenait tous les mois 10% du salaire des requérants d’asile au titre d’un «remboursement de dette» pour le cas où ils bénéficieraient d’une aide sociale. Cela, alors que dans le même temps, la Confédération prélevait déjà un montant correspondant au remboursement de prestations d’assistance.

Au terme de dix ans de combat juridique, la religieuse ursuline a obtenu gain de cause en 2008 devant le Tribunal fédéral.

La rédaction du «Beobachter» soumet tous les ans au jury des dossiers qui retracent l’histoire de personnes ayant fait preuve d’une intrépidité sortant de l’ordinaire. (apic/sas/apic/gs/arch/rz)

6 juillet 2014 | 16:56
par webmaster@kath.ch
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