Le travail de réconciliation à la base reste à faire

Sofia: Un sommet orthodoxe met fin au schisme qui déchire l’Eglise bulgare depuis six ans

Sofia 6 octobre (APIC) L’accord survenu le 2 octobre entre les diverses factions de l’Eglise orthodoxe bulgare a été accueilli avec soulagement par la population. Le patriarche Maxime a vu son autorité définitivement reconnue et ses opposants, regroupés autour du métropolite Pimen, ont fait amende honorable. Mais si le schisme qui durait depuis six ans est ainsi terminé, le travail de réconciliation à la base est loin de l’être.

Même si cet accord est une victoire pour le patriarche Maxime, il la doit à l’influence d’autres Eglises et n’a pas de soutien public véritable, estiment les observateurs. L’Eglise orthodoxe bulgare, à laquelle adhèrent nominalement 87% des neuf millions d’habitants du pays, est divisée depuis 1992. Les opposants au primat de l’Eglise, le patriarche Maxime, avaient alors remis en question la validité canonique de son élection de 1971 et l’avaient accusé de collaboration avec l’ancien régime communiste.

La division est devenue un véritable schisme en juillet 1996 lorsque les dissidents ont élu le métropolite Pimen comme leur patriarche et ont nommé leurs propres évêques.

L’accord du 2 octobre, célébré au son des cloches de la cathédrale Alexandre-Nevski de Sofia, est survenu après une rencontre de trois jours avec des responsables orthodoxes venus de plus de dix pays dont le patriarche oecuménique Bartholomée Ier, le patriarche de Moscou Alexis II et celui d’Alexandrie Pierre VII.

L’arrangement confirme la position du patriarche Maxime à la tête de l’Eglise, il lève parallèlement l’anathème imposé à Pimen, âgé de 92 ans, en le reconnaissant comme ancien évêque de Nevkrop. L’accord reconnaît aussi les 12 évêques rebelles qui le soutiennent et redonne aux membres du clergé et aux laïcs dissidents le droit à la communion complète avec l’Eglise.

«Mais faire en sorte que cet accord soit pleinement accepté après une querelle de six ans pourrait exiger un long cheminement», a fait observer Emil Baralinov, rédacteur du journal de l’Eglise orthodoxe, au correspondant de l’agence de presse œcuménique ENI. Par ailleurs les informations selon lesquelles le patriarche Maxime aurait accepté l’élection d’un nouveau patriarche et se retirerait dans un monastère sont fausses, a-t-il précisé. «Les canons orthodoxes interdisent à quiconque d’obliger un patriarche à quitter ses fonctions, et Maxime ne se retirera que s’il le juge bon».

Pour Maria Dimitrova, spécialiste des questions religieuses à l’Université Saint-Kliment Ohridski, cet accord est particulièrement important car il permet de réaffirmer l’indépendance de l’Eglise orthodoxe, mais la réconciliation risque de «rester seulement au stade officiel». «Le conflit interne continue. La majorité des nos primats sont vieux et occupent leur poste depuis trop longtemps. Il est clair que des changements sont nécessaires.» «Maxime dirige l’Eglise depuis trois décennies, et la plupart des Bulgares ne désirent pas travailler avec lui. Même si c’est une victoire pour le patriarche, il le doit à l’influence d’autres Eglises et n’a pas de soutien public véritable», conclut-elle. (apic/eni/mp)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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