Mgr Koch suspend définitivement l’abbé Sabo

Soleure: Décision d’interdire toute activité pastorale catholique romaine à Franz Sabo

Soleure, 25 octobre 2005 (Apic) Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, suspend le prêtre rebelle, l’abbé Sabo. Il explique, dans une lettre adressée le 23 octobre au clergé et agents pastoraux et publiée le 25 sur le site internet de l’évêché, les tenants et aboutissants de cette affaire. Toute activité pastorale au nom de l’Eglise catholique romaine sont désormais interdits à l’abbé Sabo.

L’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, suspend l’abbé réfractaire Franz Sabo et explique la genèse de l’affaire dans une lettre au clergé et aux agents pastoraux datée du 23 octobre. Lettre également publiée sur le site internet de l’évêché de Bâle le 25 octobre. Mgr Koch prononce ainsi la «suspense» à dater du 22 octobre concernant l’abbé Sabo, pour «graves conditions pénales de l’usurpation d’un office».

Mgr Koch rappelle dans sa lettre que le 29 septembre dernier, il a informé ses confrères du ministère presbytéral et diaconal ainsi que les agents pastoraux de «l´évolution du conflit avec l´abbé Sabo et le Conseil de la commune ecclésiastique de Röschenz». Par la même occasion, il déclarait retirer la mission canonique à l’abbé Sabo dès le 30 septembre, tout en lui accordant une période de réflexion de six mois. Un «compromis» marquant sa volonté de faire un pas en direction du prêtre et du Conseil de la commune ecclésiastique, affirme Mgr Koch.

Franz Sabo a célébré l’Eucharistie malgré le retrait de la missio

Cependant, «l´abbé Sabo a catégoriquement refusé une telle période de réflexion», en particulier par des déclarations dans les médias. Il ajoutait qu´il allait exercer son ministère dans la paroisse Ste-Anne de Röschenz même sans missio. Malgré le retrait de la missio, rappelle Mgr Koch, il a célébré l´Eucharistie et a ainsi «dénaturé le sacrement de la communion ecclésiale en en faisant un instrument de protestation et de rupture». Ce faisant, «il a manifesté publiquement et sans équivoque ce que signifiait pour lui une mission ecclésiale confiée par l´évêque et a attesté qu´il ne se trouvait plus dans le giron de l´Eglise catholique romaine».

Mgr Koch souligne qu’il a écrit le 6 octobre à l´abbé Sabo qu’»en raison de son comportement», il déclarait caduque la dernière offre d´une période de réflexion de six mois. En effet, poursuit Mgr Koch, «au vu de son comportement, elle avait désormais perdu tout son sens». En outre, ajoute l’évêque, «je lui ai communiqué formellement qu´il s´exposait à de graves conséquences canoniques au cas où il continuerait à récuser ma responsabilité vis-à-vis de la paroisse Ste-Anne de Röschenz». Mgr Koch affirme n’avoir pas reçu de réponse de l’abbé Sabo à cette lettre. Au lieu de cela, précise Mgr Koch, «il a à nouveau célébré l´Eucharistie et un baptême le dimanche 9 octobre».

Constatant que «toutes les possibilités sont épuisées et qu´aucun signe de résipiscence n´est à constater chez l´abbé Sabo, les graves conditions pénales de l´usurpation d´un office (au sens du c. 1381 § 2 CIC), de l´incitation à la désobéissance (au sens du c. 1373 CIC) et de l´empêchement de l´exercice d´un ministère (au sens du c. 1375 CIC) sont établies».

Prélat rayé de l’Eglise catholique romaine

Après que l´abbé Sabo ait réfuté l’avertissement de l’évêque, le prélat a dû, «en accord avec l´archevêque de Bamberg, prononcer sa suspense le 22 octobre (en application du c. 1342 § 1)». En conséquence, «tous les actes du pouvoir d´ordre et du pouvoir de gouvernement ainsi que toute activité pastorale au nom de l´Eglise catholique romaine sont désormais interdits à l´abbé Sabo, en vertu du c. 1333 § 1». Mgr Koch poursuit en donnant «personnellement» des informations qu’il juge les plus importantes.

Il rappelle que «Monsieur Sabo n´est pas prêtre du diocèse de Bâle, mais de l´archidiocèse de Bamberg». «En tant qu´évêque de Bâle, continue-t-il, «je n´étais compétent qu´en ce qui concernait la missio pour la paroisse Ste- Anne de Röschenz. Comme j´ai dû la lui retirer mais qu´il a continué à exercer sans missio, il ne restait plus que la suspense». «Je ne dispose plus d´autres compétences canoniques», précise l’évêque de Bâle. «C´est pourquoi désormais l´archidiocèse de Bamberg, dans lequel l´abbé Sabo est incardiné, est le seul compétent». En tant qu´évêque diocésain, Mgr Koch se retire de toute responsabilité directe vis-à-vis de l´abbé Sabo.

«Actions schismatiques» inconsidérément soutenues par Röschenz

L’évêque de Bâle poursuit en donnant son sentiment à l’égard de la commune ecclésiastique de Röschenz. «A mon avis et de l’avis du Conseil épiscopal, Monsieur Sabo est soutenu d´une manière tout à fait incompréhensible dans ses actions schismatiques par le conseil de la commune ecclésiastique de Röschenz».

Cependant, en tant qu´évêque, ajoute-t-il, «je ne dispose d´absolument aucune autorité face aux institutions de droit ecclésiastique. Ces dernières sont des institutions étatiques qui poursuivent en fait un but ecclésiastique». C´est pourquoi, poursuit-il, «il incombe maintenant au seul Conseil de l´Eglise nationale catholique romaine du canton de Bâle- Campagne, s´il y est disposé, de prendre au sérieux sa Constitution, qui stipule qu´aucune institution de droit ecclésiastique n´est autorisée à engager un prêtre sans missio de l´évêque, et de s´imposer également face à la commune ecclésiastique de Röschenz».

Le comportement «en rupture» de Franz Sabo s’était manifesté en particulier dans son discours du 1er août à Sissach, où il avait qualifié l’Eglise de «plus ancienne et plus grande dictature au monde». Il avait également traité ses collègues agents pastoraux qui ne le soutiennent pas de «lâches, sournois, hypocrites, peureux, jaloux et lèche- bottes».

Un synode extraordinaire de l’Eglise catholique romaine de Bâle -Campagne prévu de longue date, est convoqué le 31 octobre à Liestal. (apic/com/vb)

25 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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